Après les organisations de salariés, le Medef d'Ile-de-France a dénoncé à son tour le projet "inacceptable" du gouvernement de prélever 3,4 milliards des fonds d'Action Logement (ex-1% logement), organisme géré par le patronat et les syndicats.

« L'Etat entend imposer un nouveau prélèvement de 3,4 milliards entre 2012 et 2014. (...) Cette proposition est inacceptable car elle tend à accentuer le détournement du 1% logement de sa vocation originelle, à savoir la production de logements accessibles par les salariés et l'accompagnement de leur mobilité professionnelle », s'insurge l'organisation patronale.

Cette ponction menacerait « la moitié du financement du programme de logements sociaux pour les trois années à venir : un coup dur porté à toute l'industrie du bâtiment et du logement social notamment en Ile-de-France ».

« La région IdF est une zone tendue avec 380.000 demandeurs de logements en 2010. Le prélèvement obèrera les capacités à construire les 70.000 logements nouveaux (tous logements confondus) par an annoncés pour le Grand Paris, contre une moyenne de 40.000 actuellement. Pour y arriver, il faudrait être dans les conditions des années 90 avec beaucoup moins de ponctions », indique encore le Medef IdF.

Un logement social sur deux menacé ?

Le 1% logement, créé en 1953 pour financer la construction de logements sociaux et aider les salariés des entreprises cotisantes à accéder à la propriété, est une participation obligatoire des entreprises de plus de 20 salariés (ramenée depuis plusieurs années à 0,45% du total de la masse salariale).

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L'Etat avait déjà prélevé 3,682 milliards d'euros entre 2009 et 2011 sur les ressources de cet organisme pour financer l'Agence nationale de l'habitat et l'Agence nationale de rénovation urbaine. Action Logement a dû réduire ses actions, qui ont bénéficié à 632.000 salariés en 2010, contre 1 million en 2006.

Le projet d'une nouvelle ponction s'est fait jour lors de la concertation engagée sur la convention triennale 2011-2014 qui lie le gouvernement à Action logement et a été dénoncé par la CFE-CGC, la CFDT, FO et la CFTC. Les organisations syndicales ont accusé l'Etat de faire « main basse » sur les ressources du 1% et de « hold up ». Elles ont souligné que cela mettrait en péril un accord syndicats-patronat conclu fin avril dans le cadre de négociations sur l'emploi des jeunes, prévoyant la mobilisation de ressources d'Action logement pour la construction de 45.000 petits logements en trois ans, destinés aux travailleurs de moins de 30 ans.