Les marchés : nouveau record !
La Bourse de Paris termine la séance dans le vert, avec un CAC 40 en hausse de 0,33% à 8 341 points. Il atteint en séance un nouveau record historique à 8 437 points. Le mouvement est largement porté par plusieurs poids lourds de l'indice, notamment Michelin (+4,9%), Danone (+4,7%) et EssilorLuxottica (+4,2%), dans un marché soutenu par une saison de résultats d'entreprises globalement positive en Europe. Legrand s'illustre particulièrement avec une envolée de plus de 4%, portée par des ventes supérieures aux attentes et par un relèvement de ses ambitions de rentabilité.
À l'international, les marchés continuent de digérer les chiffres de l'emploi américain publiés hier et qui confirment la solidité de l'économie outre-Atlantique. Avec 130 000 créations d'emplois en janvier et un taux de chômage en recul à 4,3%, le marché du travail américain montre une résistance inattendue, et quasi-exclusivement liée au secteur de la santé. Ce dynamisme rassure quelque peu les investisseurs, mais réduit en parallèle les espoirs d'une nouvelle baisse de taux de la Fed en mars.
L'attention des investisseurs se tourne désormais vers la prochaine publication clé : les chiffres de l'inflation américaine attendus demain. Après des données d'emploi robustes, ce nouvel indicateur permettra de préciser la trajectoire monétaire de la Fed. En attendant, la tendance reste favorable aux actions, portées par des résultats d'entreprises solides et par une confiance retrouvée dans la vigueur de l'économie mondiale. Du moins, pour le moment.... Après +10,4% en 2025, le CAC 40 avance désormais de 2,3% cette année.
Les valeurs
EssilorLuxottica : en 2025, EssilorLuxottica a connu une forte accélération grâce au succès de ses lunettes connectées intégrant l'intelligence artificielle. Le groupe a vendu 7 millions de modèles sur l'année, soit une hausse spectaculaire de plus de 260% par rapport à 2024. Ces lunettes, développées en partenariat avec Meta et commercialisées notamment sous les marques Ray-Ban et Oakley, permettent de filmer, écouter des contenus audio ou interagir avec une IA. Elles sont devenues le principal moteur de croissance du groupe.
Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de plus de 18%, dépassant largement les attentes, ce qui a fait bondir l'action en Bourse ce jeudi : +4,19% à 261,30 euros. Sur l'année, les ventes atteignent 28,5 milliards d'euros. La rentabilité a toutefois été légèrement inférieure aux prévisions, car ces nouveaux produits sont encore moins rentables que les lunettes classiques. Mais les investisseurs ont surtout retenu la forte dynamique de croissance. Malgré la concurrence de géants comme Alibaba, Alphabet, Xiaomi, et possiblement demain Apple ou Samsung, EssilorLuxottica reste aujourd'hui le leader d'un marché des lunettes d'IA qui pourrait fortement exploser d'ici 2030. Après +14,5% en 2025, l'action cède désormais 2% depuis le 1er janvier.
Hermès a également publié de solides résultats annuels, supérieurs aux attentes, rassurant les investisseurs et soutenant son cours de Bourse : +2,55% ce soir, à 2 174 euros. Le groupe de luxe a réalisé 16 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur l'année, en hausse de 9%, grâce notamment à la très forte performance de sa maroquinerie, son activité phare (sacs et articles en cuir). L
a croissance est solide dans presque toutes les régions du monde, en particulier au Japon, en Amérique et en Europe. La rentabilité progresse aussi : le résultat opérationnel (voir lexique) augmente et la marge s'améliore. Le bénéfice net recule légèrement à cause d'une taxe exceptionnelle en France, mais sans cet élément, il aurait progressé au même rythme que les ventes.
Pour 2026, Hermès se dit confiant malgré un contexte économique mondial incertain. Le groupe prévoit d'augmenter ses prix de 5 à 6% et estime que la situation s'améliore progressivement en Chine, même s'il reste prudent. Hermès a perdu 8,6% l'an dernier à la Bourse de Paris mais progresse dorénavant de 3,5% en 2026.
Découvrez Memscap, un acteur stratégique de l'aéronautique et de la défense à travers un échange direct et pédagogique avec son dirigeant, Jean-Michel Karam, mené par Marc Fiorentino. Il y partage la vision du groupe, ses choix technologiques, des cas d'usage concrets et sa logique industrielle, tout en revenant sur le rôle critique des capteurs de pression dans ces marchés, la dimension « dual use » (civil / militaire), les cycles longs de qualification et l'élargissement progressif du marché adressable, notamment vers le moteur et les systèmes fluidiques.
L'investissement qui ne craint pas les tempêtes
Vous le savez, l'or a connu une très forte volatilité depuis le début de l'année. Mais après la tempête, l'once a repris le chemin de la hausse. Et elle s'installe à nouveau au-dessus des 5 000 dollars, son niveau de support majeur pour les semaines à venir. Ce soir, la valeur refuge s'échange autour des 5 070 dollars, en hausse de 17% depuis le 1er janvier (+64% en 2025).
En franchissant pour la première fois le seuil des 5 000 dollars ces derniers jours, le métal précieux rappelle qu'il est à la fois une valeur refuge et un actif volatil. Au-delà de ces secousses de court terme, cette envolée s'inscrit dans une tendance haussière de long terme.
Le monde d'après : le sucre décroche
Le marché du sucre traverse une véritable crise de régime. Ses prix sont tombés à leur plus bas niveau depuis 2020, pénalisés par une consommation en recul, notamment aux États-Unis, sous l'effet de la montée en puissance des médicaments anti-obésité. Ces traitements, qui réduisent fortement l'appétit et les envies de produits sucrés, commencent à peser concrètement sur la demande alimentaire.
La sanction est visible en Bourse, où plusieurs groupes exposés aux produits gourmands ont récemment déçu, ravivant les craintes d'un changement durable des habitudes de consommation. Le problème pour le marché est que l'offre, elle, ne ralentit pas. Les récoltes restent abondantes au Brésil et en Inde. La production mondiale demeure élevée, créant un surplus difficile à absorber alors que la consommation progresse lentement. Bref, il y a un déséquilibre offre / demande. Résultat, les positions spéculatives baissières se multiplient sur le sucre, accentuant la pression sur les cours.
À l'inverse, un autre segment alimentaire profite pleinement de cette mutation des comportements : les protéines. Skyr, whey et autres produits riches en protéines deviennent les nouvelles stars des rayons, portés par des consommateurs davantage tournés vers la nutrition et la gestion du poids. Un basculement silencieux mais puissant qui pourrait redessiner durablement certaines filières agroalimentaires et créer de nouveaux gagnants en Bourse !
Demain à la Une : l'inflation US
Les mises à jour de l'inflation américaine constituent toujours un temps fort pour les marchés mondiaux. Demain à 14h30, les investisseurs découvriront les chiffres de janvier, avec à la clé une possible hausse de la volatilité et un regain de spéculations sur les prochaines baisses de taux de la Fed.
Globalement, le marché anticipe un léger tassement de l'inflation : après 2,7% sur un an en décembre, elle est attendue à 2,5% en janvier. Côté entreprises, Safran, Capgemini et l'opérateur de satellites Eutelsat publieront leurs résultats annuels. Reste à savoir si ces actualités permettront au CAC 40 d'inscrire un nouveau record...
Le lexique : le résultat opérationnel
Le résultat opérationnel est un indicateur financier qui mesure ce qu'une entreprise gagne grâce à son activité principale, avant de prendre en compte les impôts et les éléments exceptionnels. Il correspond à la différence entre les revenus générés par la vente de ses produits ou services et les dépenses nécessaires pour les produire et faire fonctionner l'entreprise (salaires, loyers, matières premières, marketing, etc.). Il permet donc d'évaluer la performance réelle et la rentabilité du cœur de métier d'une société.


























