Passer à la caisse et appuyer sur la touche verte pour donner quelques centimes à une association. L'arrondi solidaire a permis de récolter un record de 15 millions d'euros en 2025, pour un total de 38 millions de microdons, soit un don moyen de 40 centimes d'euro au profit de plus de 160 associations.

En théorie, les dons aux associations d'intérêt général peuvent donner lieu à une réduction d'impôt qui varie de 66 ou 75% du montant du don selon les associations.

Si aucun justificatif n'est nécessaire pour déclarer des dons dans la déclaration de revenus, l'administration fiscale peut venir réclamer un reçu fiscal en cas de contrôle. Ce reçu est fourni par les associations bénéficiaires des dons. Sauf dans le cas du microdon en caisse puisque le montant inférieur à 1 euro est trop faible pour justifier l'émission d'un reçu fiscal, précise la FAQ de microDON, la filiale du groupe La Banque Postale à l'origine de cette solution de don participatif intégrée aux gestes du quotidien.

Le reçu de carte bancaire, un justificatif ?

Mais alors que près d'un Français sur 2 a déjà adopté l'arrondi en caisse, selon microDON, est-ce que le fait de garder l'ensemble des tickets de caisse papier ou dématérialisés mentionnant le microdon pourrait servir de justificatif auprès de l'administration fiscale ?

Le ticket de caisse ne peut en aucun cas remplacer le quitus fiscal émis par l'association. C'est la seule pièce justificative qui pourra être demandée en cas de contrôle fiscal, explique Bercy à MoneyVox.

« Un organisme qui ne connaît pas la personne qui se présente comme mécène ne pourra pas émettre de reçu à son bénéfice »

« Lorsqu'une grande surface fait la collecte de microdons par exemple, elle s'entremet entre le particulier et l'organisme philanthropique, lequel n'a pas connaissance de l'identité des particuliers qui lui donnent, a fortiori quand la grande surface collecte pour plusieurs causes et redistribue les dons consolidés qu'elle a collectés. Un organisme qui ne connaît pas la personne qui se présente comme mécène ne pourra pas émettre de reçu à son bénéfice. C'est impossible de se porter garant de la véracité des informations si elles ne sont pas présentes dans sa comptabilité d'organisme récipiendaire », justifie Bercy.

Et d'ajouter que si le montant du microdon est souvent inférieur à ce que coûterait aux associations d'émettre un reçu, il en va de même pour l'administration : celle-ci « devra traiter la demande de microdon comme toute autre demande de réduction d'impôt pour un coût opérationnel bien supérieur à la somme donnée ».