Pouvez-vous nous présenter Finansol ?
« Finansol est une association qui regroupe les différents acteurs de la finance solidaire : les réseaux bancaires, les acteurs qui bénéficient de lépargne solidaire et des institutions comme la Caisse des Dépôts. Son objectif est de favoriser la solidarité dans la finance et dans lépargne, et den suivre les évolutions et les tendances. Nous avons également une action de promotion du label Finansol, qui est attribué en fonction de critères de solidarité et de transparence : le client doit par exemple être informé de la constitution des produits ; il doit aussi savoir que son épargne est investie dans des entreprises ou des associations ayant un fort engagement environnemental ou social. Notre communication auprès du grand public se fait au travers de divers événements, comme la semaine de la finance solidaire, les baromètres publiés dans La Croix ou le Grand prix de la finance solidaire dans Le Monde Nous cherchons également à faire en sorte que le cadre législatif et fiscal dans lequel évoluent les acteurs de la finance solidaire soit le plus favorable possible pour quelle puisse se développer. »
Le 15 décembre 2011, Finansol tirait la sonnette dalarme sur les conséquences du budget 2012, qui prévoyait de réserver les réductions dimpôts au titre de la souscription au capital de PME aux petites entreprises en phase damorçage, de démarrage ou dexpansion. Avez-vous été entendu ?
« Oui, les entreprises solidaires ont pu continuer à bénéficier davantages fiscaux pour leurs souscripteurs personnes physiques. En effet, si la personne est assujettie à lISF, elle bénéficiera dune déduction de 50% du montant de sa souscription et si elle est assujettie à limpôt sur le revenu, sa déduction sera de 18% »
La crise financière a-t-elle eu un impact sur le nombre dépargnants ou le volume de lépargne solidaire ?
« Nous navons pas encore les chiffres exacts de 2011 mais lencours et le nombre dépargnants solidaires continuent à progresser. Nombreux sont ceux qui se posent la question du sens quils souhaitent donner à leurs placements et y répondent grâce à la finance solidaire. Ce type dépargne nest donc pas un effet de mode mais bien un mouvement de fond. Depuis 10 ans, Finansol suit de près les chiffres liés à lépargne solidaire. Elle a continué à se développer de façon significative, que lon soit en période deuphorie boursière ou de crise financière. En terme dencours, on est passé de 1,6 milliards à 3,1 milliards deuros entre 2008 et 2010. »
Existe-t-il un profil type dépargnant solidaire ?
« Il est très difficile à établir. On peut dire quil sagit plutôt de personnes soucieuses de leur environnement au sens large, ce qui se traduit notamment par une sensibilité aux problématiques sociales. Ce sont plutôt des CSP+, entre 40 et 65 ans, et qui ont de lépargne. »
Quels produits propose-t-on à ces personnes ?
« On trouve majoritairement des livrets dépargne, qui sont soit des livrets de partage soit des livrets dinvestissement solidaire. Avec un livret dépargne de partage, on donne entre 25 et 100% des intérêts à une ou plusieurs associations, proposées par la banque. Selon létablissement considéré, le panel sera composé de 5-6 associations à près de 40 pour le Crédit Coopératif. Ces livrets sont sur-rémunérés, entre 0 et 0,5% au-dessus du Livret A. De plus, les intérêts donnés sont déductibles des impôts suivant la fiscalité applicable au don. Grâce à cela, les revenus des livrets dépargne de partage sont quasiment équivalents à ceux servis par les autres livrets dépargne. Dautre part, on trouve les livrets dinvestissement solidaire. A linverse des livrets de partage, ils sont un peu sous-rémunérés car cest cette fois lencours qui permet le financement dactivités à forte utilité sociale ou environnementale. Les fonds collectés vont ainsi être utilisés par les banques pour offrir un prêt à taux réduit aux associations ou aux entreprises développant ce type dactivités. »
Dans lépargne solidaire, on trouve aussi des assurances vie
« Aujourdhui, il en existe très peu. On trouve notamment la Carac, mutuelle dépargne et de retraite. Il sagit principalement dassurances-vie de partage, cest-à-dire quil peut y avoir un partage entre le collecteur et les associations. En terme de fiscalité, pour linstant, le don napporte rien, probablement car très peu dassurance-vie solidaires existent. Il y a donc des possibilités de développer lassurance-vie solidaire, soit sur des fonds en euros soit sur des fonds multi supports. Cest après tout le produit dépargne préféré des français. »
Quelles sont les activités les plus aidées ?
« Lors de lenquête annuelle que nous réalisons avec lIpsos, les Français déclarent vouloir financer par leur épargne les activités qui développent lemploi (46%), le logement social (21%), lenvironnement (21%), la solidarité internationale (moins de 10%). En réalité, le logement social mobilise un financement important car investir dans limmobilier a un coût significatif. On retrouve ensuite les activités respectant lenvironnement, puis lemploi. En 2010, les livrets dinvestissement solidaire ont permis la création et la consolidation de 34.000 emplois en France et le relogement de 2.500 familles. »














