Le marché de l'immobilier se prépare aux nouvelles normes énergétiques à venir. Déjà, les biens les plus mal notés se retrouvent sur le marché avec parfois une décote importante dans certaines villes de France comme Nice, Lille ou Rennes. Et une fois de plus, Paris n'en fait qu'à sa tête.

L'interdiction de louer des appartements qualifiés de passoires thermiques à compter de 2025 (G) et 2028 (F) chamboule le marché de l'immobilier. Surtout que leur nombre estimé à 4,8 millions dans un premier temps pourrait grimper à près de 8 millions d'ici quelques mois. Selon une étude publiée jeudi par l'agence immo en ligne SeLoger.com et MeilleursAgents, spécialiste de l'estimation immobilière, un mauvais score au diagnostic de performance énergétique (DPE), qui classe le bien de A à G, pénalise fortement le logement en cas de mise en vente.

« En France, tous biens confondus, un logement classé F/G se vend 6,7% moins cher qu'un autre étiqueté C/D/E », précise l'étude, notamment parce que cette notation énergétique est un moyen de négociation pour l'acheteur. « Il sera essentiel d'en tenir compte lors de l'affichage du prix, explique la directrice générale de pap.fr. Il faut être transparent sur les travaux réalisés ou à réaliser. Dans ce type de négociation, il est conseillé de prendre la main plutôt que de la laisser à l'acheteur. »

Quelle stratégie pour vendre une passoire thermique ?

Nice, Lille, Rennes... un trio pénalisé

Dans le détail, face à la hausse du nombre de mises en vente de passoires énergétiques, les experts sont déjà en mesure d'évaluer la décote. Dans les grandes villes, un appartement classé F ou G se vend, en moyenne, 2,1% moins cher que s'il était classé C, D ou E mais c'est à Nice que la décote (- 8,1%) est la plus importante sur les appartements. Viennent ensuite les villes de Lille (- 4,2%), Rennes (- 3,3%), Marseille (- 3,1%), Nantes (- 3%), Strasbourg (- 2,8%).

En périphérie des grandes villes, la décote dont font l'objet les prix des passoires énergétiques tourne autour de 2%. A l'inverse, les prix des logements classés A ou B grimpent de plus de 10%.

Situation instable à Paris

« Pour la ville de Paris, l'impact du DPE sur le prix de vente est difficilement quantifiable. Parce qu'il s'agit bien souvent de bâtiments historiques (haussmanniens, entre autres) », écrivent SeLoger et MeilleursAgents. Un cas particulier qui rend les travaux bien plus complexes à réaliser et aussi plus coûteux. Résultat, on constate même un prix plus élevé de 1,1% dans ces biens énergivores dans la capitale. Selon l'étude, la beauté du lieu, sa localisation et l'assurance de le louer à bon prix sont autant d'éléments qui compensent la notation énergétique. Au cours de la dernière année, les appartements mal notés ont été mis en masse sur le marché de l'immobilier à Paris avec un bond de 34,3%.

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