Les professionnels du bâtiment se sont félicité mardi de la reprise de la construction, notamment pour les logements individuels neufs, mais le secteur ne retrouve toujours pas ses niveaux d'avant-crise.

Par rapport au premier semestre 2020, où la construction s'était effondrée en raison du premier confinement, l'activité a augmenté de 24,9%. Mais « au global, l'activité bâtiment a reculé de 6,3% au premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2019 », a déclaré Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), lors d'une conférence de presse. Malgré ces difficultés, « l'emploi constitue la meilleure des surprises », avec la création de 68 800 emplois entre les premiers semestres 2019 et 2021, se réjouit le président de la FFB. La fédération observe néanmoins la destruction de 5 300 équivalents-emplois à temps plein dans l'intérim.

L'activité est tirée principalement par le logement individuel neuf. Sur ce segment, le nombre de permis de construire augmente de 18,3% au premier semestre par rapport à la même période en 2019, et les mises en chantier de 4%.

Deux déceptions

« On peut dire que la volonté de nos concitoyens à avoir une maison individuelle avec un bout de jardin se confirme », a commenté Olivier Salleron. En revanche, « le logement collectif neuf continue de souffrir » avec -6,9% de permis de construire sur les six premiers mois de 2021, par rapport au premier semestre 2019. C'est dans les zones tendues, dans les grandes villes, que les permis reculent le plus (-11% sur deux ans). Le segment amélioration-entretien déçoit également, avec un recul de 4,8% par rapport à l'avant-crise. Seule la rénovation énergétique, en particulier pour les logements, tire son épingle du jeu grâce aux aides MaPrimeRénov'.

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Au total, la FFB s'attend à un repli de 5% de l'activité en 2021 par rapport à 2020, et craint tout particulièrement la hausse des prix des matériaux, qui pèse sur les trésoreries des entreprises, dans un contexte de pénurie. Elle demande d'ailleurs au gouvernement une prise en charge totale du chômage partiel « s'il est provoqué par une pénurie de matériaux ou matériels à installer ».