Les dépôts de demandes d'aide MaPrimeRénov' pour une rénovation globale ont été divisés par quatre entre le premier semestre de 2025 et les six premiers mois de 2026, selon des chiffres publiés lundi par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), qui distribue les subventions.
L'année 2026 a commencé avec zéro nouveau dossier, en raison de l'absence de vote du budget de l'Etat qui a empêché l'ouverture du guichet jusqu'à mi-février. Les nouvelles demandes d'aide pour des rénovations énergétiques globales n'ont ensuite pas dépassé les 2.500 dossiers mensuels (hors copropriété). Un an auparavant, l'Anah recevait chaque mois 7 500 à 10 000 demandes.
En incluant les copropriétés, un peu plus de 20 000 dossiers de rénovation d'ampleur ont été déposés au cours des six premiers mois de 2026, contre 95 000 au premier semestre 2025.
Il y a « une dynamique de demande plus faible cette année, c'est l'effet des montants des subventions qui ont été revus à la baisse et de l'attentisme lié à l'annonce du plan d'électrification de la France », a estimé auprès de l'AFP Valérie Mancret-Taylor, directrice générale de l'Anah, sur le départ.
Face à un trop grand nombre de demandes et de tentatives de fraude, le dispositif MaPrimeRénov' pour les rénovations d'ampleur avait été suspendu à l'été 2025, avant de revenir en septembre avec des barèmes d'aides plus restreints et uniquement pour les ménages très modestes dans un premier temps.
La subvention maximale est ainsi passé de 63 000 euros à 32 000 euros pour un ménage très modeste. Les associations avaient alors alerté sur un risque de découragement des particuliers, face à des délais d'attente interminables et la complexité du processus.
Encore 27 000 dossiers en stock
Au premier semestre, 41 409 ménages ont obtenu une subvention MaPrimeRénov' pour une rénovation globale, essentiellement des dossiers déposés en 2025, mais aussi une partie datant de 2024. Le cap des 500 000 logements qui ont bénéficié de cette aide depuis son lancement a été franchi.
Ces octrois de subventions sont engorgés par les nombreux dossiers en stock, qui n'avaient pas pu être financés avec le budget de 2025 et ont donc été reportés à 2026.
Des 45 000 dossiers (hors copropriété) en stock fin 2025, 40% ont été traités pour descendre à 27 000 demandes en attente. « On commence à écluser », assure la directrice de l'Anah.
En outre, plus de 9 000 dossiers ont été rejetés, car incomplets ou suspectés de fraude, selon le bilan semestriel de l'Anah. « La situation s'améliore, (...) on a traité les stocks et on a amélioré les délais d'attente », affirme-t-on à l'Anah, espérant voir la dynamique repartir.
Malgré ce « temps de réappropriation » selon l'Anah, l'agence de l'Etat se targue d'une grande satisfaction des contribuables qui ont pu en bénéficier : 91% des bénéficiaires récents ayant répondu à un sondage se déclarent satisfaits, dont plus de la moitié (53%) très satisfaits.
Corinne Dumas en a témoigné lors d'une visite en juillet d'équipes de MaPrimeRénov' dans sa maison fraîchement rénovée.
« Je n'aurais jamais pu faire ces travaux sans aide », a assuré cette habitante des Yvelines, détentrice de nouveaux volets, de combles isolés et d'une pompe à chaleur. « Pendant la canicule (de juin, ndlr), tout le monde était jaloux », raconte celle qui a profité d'une température de 23°C.
Les travaux ont été terminés en mars dernier, après une demande déposée début 2025 et acceptée en moins de trois mois. Un délai de traitement particulièrement efficace qui ne concerne pas tous les bénéficiaires de MaPrimeRénov'.
Il faut attendre plus d'un an pour voir son dossier traité dans les départements de Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Seine-et-Marne, Yonne, Saône-et-Loire et Gironde. Au niveau national, le délai d'instruction moyen est de six mois.
« Les contrôles » pour lutter contre la fraude « allongent les délais d'étude des dossiers », ainsi que « le nombre de dossiers », a expliqué Valérie Mancret-Taylor.















