Nivelle a dit:
Vous pouvez : aucun problème
Je prends le cas des sucriers mais il s'applique aussi dans les céréales voir le bétail (mais dans ce dernier cas il y a d'autres problématiques).
Pendant longtemps la production agricole française de sucre est très encadrée par la PAC européenne qui en échange de quota de production garantissait un prix de vente du sucre (et donc de la betterave indirectement).
Ce prix garanti mais plancher couvrait les coûts de production sans problème bien que des cotisations à l'export étaient demandées. Dans ce système le rapport de force entre betteraviers et sucrerie est assez faible puisque tout est encadré. Et surtout il y avait des barrières à l'entrée pour l'importation de sucre dans l'UE.
Le hic c'est que le prix du sucre à la fin des années 2000 a commencé à augmenter et dépassé le prix du sucre sous quota : en gros certes les betteraviers/sucriers gagnaient bien mais ils pouvaient gagner mieux en faisant plus d'export. Sauf que pour faire de l'export il faut produire plus et donc ... faire sauter les quotas (et pour d'autres raisons lié ou non les barrières à l'entrée).
Pendant des années les lobbys agricoles ont faire pression sur l'UE pour faire supprimer les quotas qui furent progressivement levés et supprimer en octobre 2017.
Et la filière à déchanter rapidement

. Quand le prix du sucre a chuté en 2017 les sucreries, qui n’étaient plus obligées d’acheter une certaine quantité de betteraves, ont réduit volontairement leur production alors que les betteraviers avaient continué à semer (+22% sur 1 an !) et le rapport de force s'est orienté vers les industriels qui faisait la pluie et le beau temps.
De plus avec la fin des barrières à l'entrée le sucre étranger (Brésil, Ukraine) est devenue meilleur marché que le sucre UE et comble de l'ironie il était moins cher de faire raffiner du sucre roux importé que de produire du sucre blanc de betterave française.
Pour comparaison au milieu des années 90 la France produisait 4,5 millions de tonnes de sucre de betteraves par 30 sucreries/raffineries, en 2025 on est à 4 MT pour 19 sucreries.
La problématique des néonicotinoïdes (l'acétamipride contre la jaunisse virale) est une vaste fumisterie de la part de certains lobbys agricoles et des semenciers.
Seul la récolte 2020 fut impactée car les betteraviers ... n'ont fait aucun effort.
L'INRA et plus récemment en association avec l'ANSES travaille depuis 10-15 ans sur des variétés de betteraves résistantes (sans OGM juste par sélection) et des pratiques agronomiques pour lutter contre cette maladie des betteraves. Et elle a trouvé des combinaisons qui fonctionne mieux que l'acétamipride !
De même il y a plus de 20 ans l'INRA mettait en garde contre le futur manque d'eau dans le Nord et l'Est de la France conseillant de mieux diversifier les cultures et donc les revenus et tout le monde leur rigolait au nez.
Je passe sur les techniques agricoles qui n'ont pas évolué en 50 ans car chez l'agri on fait comme le père ou le grand-père

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Une conclusion en 1 phrase : les betteraviers se sont tirés une balle dans le pied tout seul et maintenant font leur Cassandre.
Pour le lait c'est le même schéma.