La décision va tomber vers 14h15 aujourd'hui. A l'issue de sa réunion de politique monétaire, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer une hausse du taux de sa facilité de dépôt. La seconde consécutive, après celle décidée en juin dernier.

Selon l'économiste Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management, Paris et Lille, « (...) il y a une forte probabilité d'une hausse de 25 points de base (...) ». Ce taux directeur, le principal de la zone euro, devrait donc passer de 2,25% actuellement à 2,50%. Autrement dit, les banques commerciales toucheraient 2,50% d'intérêt lorsqu'elles placent des fonds à court terme (24 heures) auprès de la BCE.

Cette décision attendue est directement liée au regain d'inflation enregistré en Europe depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient. La hausse des prix à la consommation dans la zone euro a atteint 3,3% sur un an en août, contre 2,9% en juillet, alimentée par les prix de l'énergie (+14,3% sur un an). La hausse du taux de la facilité de dépôt est destinée à contenir cette progression : elle permet de « refroidir » l'économie, en renchérissant globalement le coût du financement à crédit, réduisant ainsi la demande, et donc la pression sur les prix. La principale mission de la BCE est, en effet, de veiller à la stabilité monétaire.

Qu'est-ce que ça change pour vos dépôts ?

Ces choix de politique monétaire ont également un impact sur les taux proposés par les banques aux particuliers, pour les crédits comme pour les dépôts. Côté dépôts, la hausse du taux de dépôt accroît l'intérêt, pour les banques, de conserver de la liquidité et les incite donc à relever leurs taux pour capter l'épargne des particuliers. En clair, on devrait assister à une hausse des taux de rémunération des livrets d'épargne et des comptes à terme.

Livrets réglementés : un impact à moyen terme

Le taux de dépôt de la BCE influence directement l'€ster, le taux de référence des prêts à court terme entre banques, qui réplique systématiquement ses évolutions : aucune banque, en effet, n'a intérêt à prêter à un taux inférieur à celui qu'elle peut obtenir, sans risque, auprès de la BCE. Actuellement proche de 2,20%, ce taux devrait donc rapidement grimper autour de 2,45%.

Or cet indicateur, dans une version lissée sur 6 mois, est, avec l'indice des prix à la consommation, une des deux variables prises en compte dans la formule de calcul du taux du Livret A, et par extension du LDDS et du LEP.

Résultat : une hausse sensible du taux du Livret A, et avec lui de ceux du LDDS, du LEP, des Livrets Jeunes et du CEL, est aujourd'hui probable. Le livret préféré des Français pourrait même atteindre 2,40% nets, contre 1,70% actuellement. Toutefois, elle n'interviendra pas avant le 1er février 2027, prochaine échéance d'actualisation du taux.

Taux du Livret A et du LEP : ce qui se profile pour la prochaine hausse de février 2027

Livrets, comptes rémunérés et comptes à terme : légère hausse attendue

On l'a vu, en période de hausse des taux directeurs, les banques sont incitées à collecter plus de dépôts, et donc à améliorer la rémunération de leurs comptes sur livret, fiscalisés et à taux de marché. Ainsi, la hausse probable d'un quart de point du taux de la facilité de dépôt de la BCE, après celle de juin, devrait avoir un impact positif, mais peu spectaculaire, sur le taux moyen proposé par les banques (0,75% brut en juillet, selon la Banque de France).

Elle pourrait en revanche encourager certains établissements très intéressés par la collecte de dépôts (notamment ceux qui n'ont pas, ou peu, d'activité bancaire au quotidien) à être plus agressifs sur les offres promotionnelles destinées aux nouveaux déposants. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit à la suite de la précédente hausse de juin dernier. Ces dernières semaines, les taux boostés se sont multipliés, parfois chez des acteurs peu coutumiers du fait, comme la néobanque Revolut.

Les meilleurs livrets d'épargne du moment

L'impact de la hausse des taux devrait également se faire ressentir rapidement sur les comptes de dépôt rémunérés proposés par certaines néobanques (Revolut, N26, Sumeria, Trade Republic, etc.). Trade Republic, par exemple, s'est engagé, pour son compte courant rémunéré, à arrimer sa rémunération au taux de dépôt de la BCE, à la hausse comme à la baisse.

Cette hausse devrait enfin donner un petit coup de boost aux taux offerts par les comptes à terme, des produits généralement très sensibles à l'évolution des taux directeurs. Selon la Banque de France, le taux moyen affiché par les dépôts à terme de 2 ans et moins a rebondi après la hausse de juin, passant de 2,41% à 2,49%. Cela ne concernera évidemment que les nouveaux comptes. La décision de la BCE ne changera rien pour les comptes déjà ouverts, dont les taux sont fixes jusqu'à leur date d'échéance.

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