Les taux immobiliers continuent à remonter en ce début mars, selon les premières analyses dévoilées par les courtiers spécialisés. En revanche, les délais bancaires diminuent.

La tendance se confirme. Début février, les courtiers faisaient le constat que les banques avaient commencé à relever les barèmes de leurs taux immobiliers, jusqu'ici au plancher. Un mois plus tard, la situation n'a pas changé. En effet, la forte hausse de l'inflation entraîne avec elle les titres de dette française, qui servent de référence aux taux des prêts immo.

« Les banques vont mécaniquement répercuter la hausse sur les taux immobiliers, même si elle n'est, pour le moment, que partiellement reflétée : les taux de marché ont pris 0,7 point depuis le début de l'année, et on observe +0,2 voire +0,3 sur les taux immobiliers. C'est le reflet de leurs objectifs élevés et du fort niveau de liquidités disponibles », explique Pierre Chapon, président du courtier Pretto. Selon ses prévisions, les taux pourraient encore progresser de de +0,2% sur le seul mois de mars.

Les profils les plus pénalisés

Une projection confirmée par Emprunt-Direct, qui note des hausses de taux de l'ordre de 0,15 à 0,3% après un mois de février déjà marqué par des augmentations plus mesurées. « Les hausses les plus sensibles sont notamment observées chez les profils les moins qualitatifs. Les banques avaient en effet, le mois dernier, commencé à préparer leurs barèmes en amont du premier temps fort habitat, qui s'étale de mars à juin. La vive tension observée depuis quelques semaines sur les marchés de taux, couplée à des contraintes prudentielles durcies depuis janvier, a ainsi eu raison des taux historiquement bas », explique Alban Lacondemine, président fondateur d'Emprunt Direct.

En effet, depuis le début de l'année, les banques ne doivent plus, sauf exception, octroyer de prêts sur une durée supérieure à 25 ans, ni de crédits dont les mensualités dépassent 35% des revenus des emprunteurs.

Les taux moyens dans les banques début mars

  • Sur 15 ans : 1,03% d'après Meilleurtaux ; 0,86% pour Le Partenaire ; 1,12% selon Pretto.
  • Sur 20 ans : 1,17% d'après Meilleurtaux ; 0,97% pour Le Partenaire ; 1,24% d'après Pretto.
  • Sur 25 ans : 1,33% d'après Meilleurtaux ; 1,13% pour Le Partenaire ; 1,40% selon Pretto.

Signe de cette remontée des taux, la banque en ligne BforBank vient de faire passer le taux annuel effectif global (TAEG) de son offre de crédit immobilier standard de 1,63% à 2,12% pour un prêt de 350 000 euros sur 25 ans accordé à un client de 30 ans. La mensualité passe ainsi à 1 484,21 euros contre 1 403,43 euros auparavant, soit 80,78 euros de plus. Au final, le montant total des intérêts grimpent de 59 653 euros à 83 887 euros. En revanche, le coût de l'assurance emprunteur (décès, invalidité, incapacité) reste inchangé, à 11 376 euros.

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Malgré tout, « nous continuons de penser que le mouvement de remontée des taux amorcé fin 2021 devrait rester contenu, compte tenu des objectifs de production de crédit très élevés des banques et des surliquidités qu'elles ont accumulées. Pour rester compétitives, elles devront continuer de proposer des taux immobiliers attractifs aux particuliers », tempère Olivier Lendrevie, le président de Capfi. Signe de la concurrence du secteur, les délais bancaires pour l'émission des offres de crédit diminuent. D'après Cafpfi, ils sont désormais de 14 jours, soit 2 jours de moins qu'en janvier.

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