Cette nouvelle baisse, ils ne lavaient pas vue venir La plupart des courtiers en crédit avouent être agréablement surpris par les barèmes de taux immobiliers que les banques leur ont envoyés fin février et début mars. Il sagit de la baisse de taux la plus significative « depuis lautomne dernier » selon Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. « Ce nouveau recul des taux auquel on ne sattendait pas sexplique par le recul des taux demprunt dEtat français [ou taux des OAT 10 ans, NDLR], de retour aux alentours de 0,5% et par la volonté des banques de capter de nouveaux clients à un moment où traditionnellement les acheteurs sont les plus nombreux, le printemps de limmobilier. »
Dans son baromètre mensuel, Meilleurtaux relève pour sa part des baisses « comprises entre 0,05% et 0,15% » selon les établissements : « Cest une excellente nouvelle pour les emprunteurs car cela confirme au-delà du mouvement baissier une vraie volonté des banques de capitaliser sur ce bon début dannée », juge Maël Bernier, directrice de la communication de lenseigne. « Cest la première fois depuis quelques mois quau-delà des décotes remontées du terrain, les taux affichés dans les barèmes sont également en baisse. » Or, suite à la lente érosion des derniers mois, les taux tutoyaient déjà les niveaux exceptionnels de lautomne 2016. Résultat : « Nous avons battu un nouveau record ! » affirme Cécile Roquelaure, directrice des études dEmpruntis.
Les taux moyens annoncés par les courtiers pour mars 2019
- Meilleurtaux : 1,35% sur 15 ans, 1,55% sur 20 ans, 1,75% sur 25 ans
- Vousfinancer : 1,30% sur 15 ans, 1,50% sur 20 ans, 1,70% sur 25 ans
- Empruntis : 1,05% sur 10 ans, 1,30% sur 15 ans, 1,55% sur 20 ans, 1,80% sur 25 ans
- Le-Partenaire : 1,29% sur 15 ans, 1,53% sur 20 ans, 1,72% sur 25 ans
- Emprunt Direct : 1,05% sur 10 ans, 1,30% sur 15 ans, 1,45% sur 20 ans, 1,70% sur 25 ans
Les courtiers Cafpi et Credixia publient eux aussi un baromètre mensuel, mais sans afficher de « taux moyens », uniquement les meilleurs taux négociés par leurs réseaux. La conclusion reste globalement la même : Credixia annonce des taux en baisse, et Cafpi des taux stables à un très faible niveau. Lobservatoire Crédit Logement-CSA, qui se base lui sur les dossiers en cours et non sur les barèmes fournis par les banques, a pour sa part annoncé une légère baisse sur le mois écoulé : cet observatoire estime le taux moyen sur 15 ans à 1,22% en février, 1,39% sur 20 ans et 1,63% sur 25 ans.
Le grand écart des taux selon le profil demprunteur
La baisse des taux a beau être généralisée, les écarts de taux restent importants selon le type de dossier. « Les établissements de crédits complexifient les barèmes afin d'être plus pertinents sur certains profils comme les jeunes dynamiques », juge Fabienne Laborde, directrice commerciale de lenseigne Le-Partenaire. Selon elle, la « classification des emprunteurs » samplifie dans le contexte de records de taux bas.
Cécile Roquelaure, dEmpruntis, y voit une « bonne raison » de mettre les banques en concurrence : « Parfois celles moins bien placées consentent des décotes incroyables qui peuvent les mettre en pôle position, notamment lorsqu'il s'agit de profils quelles souhaitent conquérir (jeunes à profils évolutifs, professions libérales ). » Les banques continuent en parallèle daccorder des prêts sur des durées plus longues, avec un recours de plus en plus fréquent au prêt sur 25 ans : les crédits sur 25 ans et plus représentent plus de 41% de la production, en février, selon Crédit Logement-CSA ! Lobjectif est de permettre aux jeunes ménages non-propriétaires (les « primo-accédants ») dacheter malgré la hausse des prix de limmobilier. En moyenne, les prix des logements anciens ont augmenté de 3,2% sur lannée 2018 selon les données des notaires et de lInsee.
Des taux au plus bas « au moins jusquà lété »
Suite à cette baisse surprise et significative des taux immobiliers en ce début mars, les perspectives restent très favorables aux emprunteurs pour les prochains mois. « Des taux bas et qui vont le rester, voici en termes très simples ce que nous attendons dans les semaines qui viennent et au moins jusquà lété », analyse Maël Bernier, de Meilleurtaux, qui estime que « la baisse récente des OAT » est « un argument supplémentaire en faveur de cette prévision ». Un optimisme qui semble faire l'unanimité dans les réseaux de courtage.
Voir par ailleurs le baromètre mensuel de cBanque



















