Un taux fixe de 1,40% pour un prêt sur 15 ans, de 1,60% pour un prêt sur 20 ans et de 1,85% pour un prêt sur 25 ans. Les « taux de marché » calculés par le réseau Empruntis en ce début septembre sont exactement les mêmes quau début du mois daoût. La conclusion est la même à la lecture des baromètres mensuels des courtiers Meilleurtaux et Emprunt-Direct. « On constate peu de mouvements en cette rentrée, que ce soit à la hausse ou à la baisse », confirme Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, dans un communiqué diffusé ce mercredi.
Calme plat, ou presque, depuis la fin 2016
Cette stabilité densemble sinscrit dans la droite ligne de lété et, plus généralement, dans la tendance des taux de crédit depuis près de 2 ans : malgré une lente et timide remontée au cours de lannée 2017, puis une légère érosion en 2018, la courbe des taux de crédits a peu évolué sur la période 2017-2018.
« Les taux sont historiquement bas, les conditions d'octroi sont plus souples »
En cette période de rentrée scolaire, les conditions demprunt restent donc extrêmement favorables : « Les taux sont historiquement bas, les conditions d'octroi sont plus souples », commente ainsi Fabienne Laborde, directrice commerciale de Le-Partenaire. Dans son communiqué, la directrice de la communication dEmpruntis Cécile Roquelaure estime, elle, que les « futurs emprunteurs ont une chance incroyable » : « A cette période de l'année, une bonne partie des banques a normalement déjà réalisé son objectif ou est en passe de l'atteindre. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui, c'est même l'inverse ! », affirme-t-elle. « Les emprunteurs profitent ainsi de taux très bas et de la possibilité de mettre en concurrence la quasi-totalité des banques ! »
Les incertitudes repoussées vers lhiver 2018-2019
La météo va-t-elle rester aussi favorable lors de lautomne ? Cest le pronostic de la plupart des courtiers. « La révision de la croissance à la baisse, confirmée par lInsee le 29 août dernier, assure un maintien des taux bas pour les mois à venir, mais le retour de linflation pourrait accélérer les décisions de la BCE daugmenter ses taux dès le début de 2019 », analyse Philippe Taboret, de Cafpi. Alban Lacondemine, président fondateur dEmprunt-Direct, estime lui aussi que le prochain « test » pour les marchés sera la fin du programme de rachats dactifs de la Banque centrale européenne (BCE), annoncé pour la fin dannée.
« La reprise de linflation vient bouleverser lenvironnement des marchés »
Dans son étude mensuelle, où il fait lui aussi état dune stabilité densemble, lobservatoire Crédit Logement-CSA souligne quhabituellement, lété peut être propice à une légère remontée des taux. Car les banques attendent « la rentrée de septembre pour proposer leurs dernières offres commerciales de lannée ». Ce schéma ne sest toutefois pas vérifié cette année. « Avec la reprise de linflation qui vient bouleverser lenvironnement des marchés, la probabilité dun ajustement à la hausse des taux des crédits ne fait que se renforcer », ajoute lobservatoire Crédit Logement-CSA, écartant ainsi toute perspective de baisse sensible des taux en cette fin 2018, tout en nuançant cette prévision : « Néanmoins léquilibre paraît de plus en plus difficile à trouver [pour les banques], face à une demande qui est toujours à la peine et qui ne se remet guère de la dégradation des soutiens publics à la primo-accession à la propriété. »
Traduction : les banques hésitent à enclencher la hausse des taux, de peur de faire fuir des emprunteurs relativement peu nombreux sur le marché. Selon les dernières statistiques de la Banque de France, la production de nouveaux crédit stagne entre 15 et 17 milliards deuros chaque mois depuis un an, loin des records de la fin dannée 2016 et du début 2017, quand la production mensuelle dépassait les 30 milliards deuros.
Voir par ailleurs le baromètre des taux de crédit immobilier, mis à jour chaque mois


















