Lindustrie bancaire a lutté jusquau bout contre la mesure, y compris devant le conseil constitutionnel, mais elle a finalement dû baisser pavillon : depuis le 1er janvier 2018, les emprunteurs immobiliers ont la possibilité de procéder chaque année à une délégation dassurance, cest-à-dire de résilier le contrat dassurance souscrit auprès de leur banque pour garantir le remboursement de leur prêt immobilier - le « contrat groupe » dans le jargon - pour en souscrire un autre auprès dun autre assureur, avec la perspective de faire des économies.
Sur le papier, tout paraît clair. Dans les faits pourtant, ce nest pas encore le cas. Plusieurs voix - celles de l'UFC-Que Choisir, de certains courtiers spécialisés et même de Martial Bourquin, le sénateur à l'origine de la mesure - se sont élevées pour dénoncer des freins à l'exercice du droit de résiliation. Ce dernier, en effet, ne sexerce pas sans conditions. La résiliation, d'abord, ne peut intervenir quune fois par an, à la date anniversaire du contrat. Mais nombre de contrats ne prévoient pas de date déchéance, et certaines banques semblent jouer de l'ambigüité pour contrarier les projets de certains emprunteurs. Le contrat de substitution, ensuite, doit inclure des quotités et des garanties au moins équivalentes à celles de lassurance emprunteur fournie par la banque.
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Date de substitution : la banque a le choix
Les pratiques des banques en la matière ont visiblement été suffisamment hétérogènes pour convaincre la Fédération bancaire française (FBF) dy mettre un peu dordre. Le syndicat professionnel représentatif du patronat bancaire vient de publier un « bon usage professionnel », un document qui, sil na pas le statut de norme, a été visé par le régulateur du secteur, lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), et engage donc la profession bancaire.
Concernant la date de substitution à retenir dans le cas où le contrat ne prévoit pas de date déchéance claire, la FBF laisse à la banque la possibilité dopter au choix pour la date de signature du contrat, sa date deffet, la date de signature de loffre de prêt, ou la date de signature de dernier avenant au prêt En revanche, lévénement retenu devra être porté « à la connaissance du public », en étant clairement affiché « au minimum sur son site internet ». Les emprunteurs intéressés par une délégation devraient dailleurs dores et déjà en trouver trace sur le site de leur banque, le bon usage professionnel étant à application immédiate.
Equivalence de garanties : deux références selon lâge du contrat
Pour apprécier léquivalence de garanties entre le contrat groupe et le contrat alternatif choisi par lemprunteur, le bon usage détaille deux possibilités. Si le contrat est postérieur au 1er octobre 2015, la banque doit prendre comme base de comparaison la liste des critères communiquée à lemprunteur au moment du prêt, grâce à la fiche personnalisée devenue obligatoire depuis cette date. Une méthode danalyse qui avait déjà fait lobjet dune norme professionnelle FBF en juillet 2015.
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Quest-il pour les contrats antérieurs au 1er octobre 2015 ? Là, la banque doit se reporter à ce que la FBF désigne comme la « liste du prêteur » - cest-à-dire la liste fermée de 11 critères maximum, plus 4 supplémentaires portant sur la garantie perte demploi, définie par chaque banque pour faciliter la comparaison des garanties - qui a cours au moment de la demande de substitution.
« Seules les garanties souscrites par le client équivalentes aux garanties de la liste du prêteur en vigueur à la date de réception dun dossier complet de demande de substitution ( ) seront retenues, [qu'elles] aient été obligatoires ou optionnelles à lépoque », détaille le texte. « En revanche, une garantie optionnelle souscrite à lépoque mais ne figurant pas sur la liste du prêteur à la date de la réception dun dossier complet de demande de substitution ne sera pas retenue pour létude de léquivalence de garantie (ex : perte demploi). »
« [La banque] sengage ( ) à ne pas demander la souscription d'une garantie que vous n'auriez pas souscrite à l'époque et qui peut être pourtant exigée maintenant par elle pour un nouveau dossier », résume Pierre Bocquet, directeur banque de détail à la FBF, sur le site web de la fédération.



















