Depuis plusieurs années, la résiliation annuelle de lassurance emprunteur alimente un feuilleton judiciaire, parlementaire et constitutionnel. En février dernier, toutefois, une loi permettant aux emprunteurs de changer dassurance de prêt chaque année a été votée puis promulguée. A partir de 2018, ce texte permet aux emprunteurs de résilier puis de substituer leur assurance par une autre, à chaque échéance annuelle. Une petite révolution à léchelle du crédit immobilier.
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La Fédération bancaire française (FBF) na jamais été favorable à cette évolution, quelle qualifiait de « fausse bonne idée » à lautomne 2016. Nayant pas la possibilité de saisir directement le Conseil constitutionnel, la FBF devait trouver une fenêtre juridique. Elle y est parvenue en attaquant larrêté du 14 juin dernier, lequel adapte la fiche standardisée dinformation au nouveau droit du résiliation-substitution annuel. Laffaire a été portée devant le Conseil dEtat. Les principaux assureurs bancaires se sont alors liés à la procédure. Puis le Conseil dEtat a accepté de saisir les Sages.
Les Sages disposent de 3 mois pour rendre leur décision
Principal argument de la FBF : le « droit au maintien de léconomie des conventions légalement conclues » par le passé. Autrement dit : la FBF estime que les contrats dassurance emprunteur conclus avant 2018 ont été signés sans savoir quils pourraient un jour être ainsi concurrencés. Leur offre et leur modèle économique se retrouveront de fait inadaptés à cette nouvelle donne, ce que les banques et assureurs jugent inconstitutionnel.
Désormais, le Conseil constitutionnel dispose de 3 mois, plus précisément jusquau 11 janvier, pour valider ou censurer (partiellement ou totalement) la loi créant cette faculté de changer dassurance de prêt chaque année. Les Sages, qui ont déjà censuré une mesure similaire, mais pour une pure question de forme, vont-ils rééditer leur sentence ?
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Mise à jour : la fédération des assureurs « prend acte »
Disposant d'adhérents filiales de groupes bancaires mais aussi d'assureurs indépendants, la Fédération française de l'assurance (FFA) a tardé à réagir sur le sujet. Elle a diffusé un communiqué le 29 novembre, où elle tente d'adopter une position médiane : « Lorsque la Fédération bancaire française a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contre la législation autorisant le droit de résiliation annuelle des contrats dassurance emprunteur, la grande majorité des filiales dassurance de groupes bancaires sy sont associées. En réaction à cette initiative, plusieurs sociétés anonymes et sociétés dassurance mutuelles ont décidé dexercer leur droit dintervenir dans la procédure, afin de rappeler quelles soutiennent collectivement la position sur le droit de résiliation annuelle de lassurance emprunteur défendue lors de ladoption de la loi du 21 février 2017. Les instances de la FFA en ont pris acte, dans lattente de la décision du Conseil constitutionnel. »
L'audience s'est tenue le 11 décembre 2017 au Conseil constitutionnel. Les Sages ont annoncé qu'ils rendront leur décision le 12 janvier 2018.


















