En ce début décembre, la tendance favorable des derniers mois reste d’actualité sur le marché des taux de crédits immobiliers. Certains courtiers spécialisés, toutefois, sont moins optimistes pour 2018 et craignent un blocage du marché.

« 2018 sera une année certainement moins bonne pour le marché de l’immobilier que l’année 2017. » La prédiction est de Cafpi, un des principaux courtiers spécialisés dans le crédit immobilier. Elle n’est toutefois pas définitive. Dans un récent communiqué, le courtier détaille ainsi deux hypothèses, l’une favorable l’autre moins.

Dans les deux cas, la hausse, légère mais continue, des taux, entamée il y a un an environ, va se poursuivre. Cafpi annonce ainsi, à l’horizon octobre 2018, des taux fixes moyens de 1,60% (contre 1,28% actuellement) pour un prêt sur 15 ans, de 1,80% (contre 1,45%) sur 20 ans et 2,20% (contre 1,77%) sur 25 ans. Une prévision « sauf événement imprévu », qui ramenait progressivement les taux à leur niveau de début 2016 et devrait quoi qu’il arrive faire chuter le marché des renégociations de crédit.

Un risque de grippage du marché

Rien d’inquiétant au niveau des taux, donc, mais un marché qui pourrait néanmoins se gripper, annonce Cafpi. En 2017, le volume des crédits immobiliers accordés, hors renégociations, va battre un record, à environ 163 milliards d’euros. Dans un scénario noir, il pourrait tomber à 152 milliards en 2018. Les raisons : la hausse des prix de l’immobilier, déjà très sensible par endroits cette année, couplée à une « désolvabilisation » des primo-accédants suite aux réformes engagées par l’actuel gouvernement : recentrage du Prêt à taux zéro (PTZ), suppression des APL Accession…

Dans une hypothèse plus favorable, le courtier constate toutefois que le gouvernement a mis de l’eau dans son vin sur le sujet, et espère un quasi-maintien de l’activité, à 160 milliards d’euros.

Des banques toujours agressives

Qu’en pensent les autres courtiers ? Empruntis, dans sa lettre mensuelle, note des baisses de taux dans les barèmes reçus début décembre. Sur les meilleurs profils, mais aussi sur des profils moyens, et sur toutes les durées ou presque. Elément d’explication fourni par Cécile Roquelaure, qui rejoint son concurrent Cafpi sur ce point : « Les banques sont certainement en train de se rendre compte que l'année qui vient sera moins dense pour le marché que les deux dernières ».

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Pour tirer leur épingle du jeu dans cette conjoncture moins favorable, elles n’ont donc d’autre choix que de rester agressives, poursuit la directrice communication et études du courtier. « Reste à savoir s'il faut y voir une tendance baissière pour le début d'année ? Tout est possible. »

Optimisme à court terme

Cet optimisme à court terme est partagé par Meilleurtaux dans son baromètre mensuel. En décembre, « de nouveaux ajustements baissiers [sont] observés dans une grande partie des établissements bancaires », note Maël Bernier, porte-parole du courtier spécialisé. « Les baisses consenties à la fois dans des grandes enseignes mais également dans des caisses régionales varient de 0,05% à 0,10%. »

Cette tendance de « taux toujours bas (…) avec peu de menaces haussières » devrait se poursuivre après les fêtes de fin d’année, et ce pour plusieurs raisons : la faiblesse des taux directeurs, qui permettent toujours aux banques de « profiter d’un niveau de marges confortable » ; la « professionnalisation de certains établissements bancaires, [qui] s’organisent (…) afin d’être encore plus efficients dans la distribution des crédits ce qui va par effet de ricochet entraîner une plus vive concurrence (…) » ; la crainte, enfin, d’un blocage du marché, « que personne et surtout pas les établissements bancaires ne souhaitent ».