La hausse, quelle hausse ? Telle peut être résumée la réaction des emprunteurs à la lecture des baromètres mensuels des courtiers à la fin janvier et en ce début février. Certes, les taux fixes des prêts immobiliers ont augmenté, légèrement, en décembre et janvier. Mais « aucun mouvement franc ou généralisé » à lhorizon pour reprendre le titre du communiqué du courtier Meilleurtaux.
Ce dernier constate en effet une « légère hausse » sur certaines durées de prêt, en loccurrence de 5 points de base pour les crédits sur 25 ans et de 7 pour les financements sur 15 ans, le taux moyen sur 20 ans restant lui inchangé. Concrètement, un crédit immobilier se négocie désormais en moyenne à 1,40% sur 15 ans, 1,60% sur 20 ans et 1,90% sur 25 ans selon Meilleurtaux. A titre de comparaison, au plus bas, en novembre dernier, ces mêmes moyennes sétablissaient respectivement à 1,32%, 1,52% et 1,85%. Clairement pas une flambée !
« Stagnation » ou « amplification » ?
Même son de cloche chez Immoprêt, qui évoque des conditions de financement identiques à celles du début janvier : « La stagnation des taux, qui restent bas malgré une hausse amorcée en ce début dannée, permet au marché immobilier de rester très attractif », juge Jauffrey Ianszen, directeur réseaux et développement dImmoprêt dans un communiqué.
Certains courtiers évoquent mêmes des baisses ponctuelles dans quelques établissements. Pour des mouvements finalement très disparates : « Cette remontée saccentue sur les profils les moins bien lotis (peu d'épargne, revenu moyen, jeunes, etc.) ce qui amène des marges de négociation plus serrées », affirme ainsi Fabienne Laborde, directrice commerciale de Le-Partenaire. Dans son communiqué mensuel, Alban Lacondemine, président dEmprunt Direct, se veut lui plus incisif : « La hausse des taux sest amplifiée ces dernières semaines, sous la pression dévolutions macroéconomiques majeures. »
Incertitude sur les marchés financiers
Lévolution à laquelle il fait référence, cest le très net rebond de lOAT (1) à 10 ans. Ces taux demprunts dEtat ont en effet grimpé de 0,67% à 1,09% ce 3 février, a priori en résonnance à laffaire Pénélope Fillon, qui rend lélection présidentielle bien plus incertaine. Une incidence sur les taux immobiliers ? Pas de façon automatique. Comme lexpliquent régulièrement certains économistes et courtiers, bien dautres éléments influent sur lévolution des taux (marges et objectifs des banques, inflation, taux de la BCE, etc.).
« Tant que la Banque centrale européenne ne remonte pas ses taux de refinancement proches de zéro et son taux de dépôt toujours négatif, les banques restent incitées à prêter ! », lance ainsi Jérôme Robin, fondateur de Vousfinancer, dans un communiqué. Ce dernier estime même que les établissements de crédit pourraient « faire le choix de les baisser à nouveau au printemps, période clé pour limmobilier ». Dans tous les cas, les estimations à long terme permettent de rassurer les emprunteurs potentiels. Le Crédit Foncier table sur un taux moyen à 1,80% fin 2017, contre 1,34% en décembre dernier. Et lobservatoire Crédit Logement-CSA nenvisage pas une hausse de plus de 40 points de base sur lannée 2017.
Lire aussi : Le taux moyen ne grimpera pas « au-delà de 1,75% » en 2017
La fin dannée 2016 bat tous les records
33,6 milliards deuros ! La Banque de France a dévoilé ce vendredi un niveau de production record pour le crédit immobilier sur le mois de décembre 2016. En atteignant des sphères insoupçonnées puisque, les six derniers mois de lannée 2016 mis à part, le précédent record de production mensuel était de 21,3 milliards deuros, en septembre 2015. Les renégociations et rachats de crédit ont représenté environ 55% de la production en décembre.
Voir aussi l'indicateur des taux de crédit immobilier en février 2017
(1) Obligations assimilables au Trésor.

















