Denis Cotte, ancien cadre bancaire devenu consultant, était connu jusqu’ici pour sa critique des pratiques des organismes de crédits renouvelables. Il lance aujourd’hui, via son site internet moncreditpropre.com, une nouvelle offre de rachat de crédits. Explications.

Denis Cotte, en quoi consiste votre « transformateur de crédit » ?

« C’est l’exact antithèse du rachat de crédit tel qu’il existe aujourd’hui. Celui-ci consiste à regrouper plusieurs prêts, en allongeant la durée de remboursement pour obtenir des échéances réduites. La contrepartie, c’est un alourdissement du coût du crédit. Moi, je propose de transformer des crédits renouvelables en un crédit amortissable, avec une hausse symbolique des échéances mais l’assurance de rembourser beaucoup plus vite, et de donc de voir le coût du crédit divisé par 3 ou 4. »

A quel type d’emprunteurs votre offre s’adresse-t-elle ?

« On peut schématiquement diviser le public des emprunteurs en trois catégories. D’un côté, les ménages aisés, qui peuvent se financer grâce à des prêts personnels. De l’autre, des populations plus fragiles, qui ont contracté trop de crédits renouvelables à cause d’un accident de la vie ou de revenus insuffisants. Pour ceux-là, le rachat de crédit classique peut être une bouffée d’oxygène. Moi, je m’adresse à une clientèle intermédiaire, qui a contracté des crédits renouvelables à des taux délirants avant la réforme du taux de l’usure de mai 2011, qui n’a pas de problème pour payer ses échéances mais qui est condamnée à rembourser jusqu'à son terme un crédit à un taux proche de l’usure. Jusqu’ici, il n’y avait pas de solution conçue pour cette population. Pour une raison simple : elle est la plus profitable pour les banquiers. »

Quelles conditions proposerez-vous à ces clients ?

« J’ai conçu deux barèmes. Pour les locataires, j’affiche un TAEG de 9,90%, plus une assurance mensuelle égale à 0,15% du montant financé. Pour les propriétaires, 8,90%, plus 0,05% d’assurance. C’est un barème vertueux pour une opération vertueuse, sans frais de dossier, sans financement de soulte. J’interviens en tant qu’intermédiaire en opérations bancaires (IOB). J’ai signé un mandat avec CGI, une filiale de la Société Générale, spécialiste du financement auto et du sur-mesure haut de gamme, qui a également l’expérience du rachat de crédits. »

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Vous êtes très critique sur les pratiques bancaires en matière de crédits renouvelables. Comment avez-vous convaincu une filiale de la Société Générale de vous suivre ?

« Il s’agit pour eux d’un relais de croissance. Le rachat de crédit est une activité où la concurrence est très forte. Mon transformateur de crédits est un produit innovant, qui cible une clientèle inhabituelle. Ils y voient l’opportunité d’attaquer un nouveau marché. »

Qu’en sera-t-il désormais de votre activité d’expert en crédit à la consommation, et de lobbyiste ?

« Cette offre, ce n’est que 50 % de la mission que je me suis fixée, qui inclut également la question du surendettement. Je vais fournir une aide indirecte à l’association Crésus, en reversant une petite partie de mes bénéfices et en menant avec elle des actions bénévoles, notamment des formations sur les dangers de certains produits. Je vais également poursuivre mon action de lobbying. Les experts en crédits sont toujours du côté des banques. Moi je veux être un expert du crédit défenseur du consommateur. »