Prévue pour prendre fin en 2010, la médiation du crédit devrait être pérennisée en 2011. C'est en tout cas ce qu'a assuré jeudi le médiateur du crédit, Gérard Rameix, jugeant le dispositif "encore nécessaire".

La médiation du crédit a été mise en place en novembre 2008, au plus fort de la crise financière, pour aider les entreprises qui ne trouvaient pas de financement. Celles qui se sont vu refuser un crédit par la banque peuvent s'adresser à cet organisme et lui demander d'intervenir en leur faveur.

La dernière convention engageant les banques à accepter cette médiation porte sur la période 2009-2010, a indiqué jeudi Gérard Rameix en présentant à la presse le bilan 2009-2010 du dispositif. Mi-juin, le président Nicolas Sarkozy avait toutefois déclaré que la médiation du crédit restait « un dispositif essentiel et indispensable » et serait pérennisée.

« Les conditions de notre action en 2011 sont en train d'être discutées, il faut encore traduire l'arbitrage du président dans les faits, mais je ne vois pas comment on ne trouverait pas, dans les jours et les semaines qui viennent, les moyens de pérenniser » la médiation, a dit Gérard Rameix. « Je la crois encore nécessaire », a-t-il ajouté. Car si les entreprises « ont conservé une situation financière relativement saine » pendant la crise, selon lui, « il est essentiel que le système bancaire ait la capacité et la volonté de les accompagner pendant la reprise ». « On a besoin d'être là, les entreprises sont encore convalescentes », a-t-il ajouté.

220.000 emplois sauvés

Le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot ainsi que le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa ont de leur côté plaidé pour une « mise en sommeil » du dispositif. A l'inverse, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) milite pour son maintien. Plus d'un quart des entreprises françaises disent encore « se restreindre » dans leurs investissements en raison de difficultés d'accès au crédit, a-t-elle souligné jeudi dans un communiqué.

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Depuis la mise en place de la médiation, 27.393 dossiers ont été déposés à la médiation et 22.507 ont été acceptés, avec un taux de réussite de 63%, selon le bilan présenté jeudi. « La médiation a permis de sauver environ 220.000 emplois », s'est réjoui Gérard Rameix. Le nombre de dossiers déposé reste élevé (environ 500 par mois) mais il baisse depuis début 2010 (entre 700 et 800 par mois), a-t-il aussi relevé.

« Nous avons réussi à persuader les banques de surmonter une défiance un peu excessive sans pour autant leur faire courir de risques substantiels », a encore souligné Gérard Rameix. « Sans être idyllique, le dialogue est meilleur avec les entreprises », a-t-il estimé. Toutefois, pour le médiateur du crédit, des progrès peuvent encore être réalisés. Par exemple, les entreprises attendent des banques des réponses claires et rapides, fussent-elles négatives, sur leurs demandes de financement, a-t-il souligné.