Le Médiateur du Crédit, Gérard Rameix, s'est déclaré mercredi "pas aussi optimiste" pour l'année 2010 que pour l'année 2009 concernant l'octroi de crédits aux petites et moyennes entreprises en France.

S'exprimant devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, M. Rameix a expliqué à l'appui de ses propos, qu'il y avait eu peu de demandes de crédits en 2009 de la part des petites et moyennes entreprises, en raison de la crise.

"Si on se projette dans l'avenir, l'activité va reprendre et, par conséquent, la demande de crédit aussi", a-t-il ajouté. La situation sera donc différente de celle de 2009, où les banques n'ont eu à répondre qu'à une faible demande.

Les PME les "plus sensibles" devraient mettre à profit l'année 2010 pour renforcer leurs fonds propres, grâce au plan de 2 milliards d'euros mis en place par le gouvernement, a-t-il encore recommandé.

Par ailleurs, le Médiateur s'est inquiété des conséquences de la réglementation dite Bâle III, qui vise à accentuer les exigences de fonds propres des banques pour faire face aux risques de crédit.

Le Médiateur a encore indiqué que les banques traversaient une période d'incertitudes, et dans ce contexte, elles "n'aiment pas prendre de nouveaux dossiers".

Interrogé par plusieurs députés sur les difficultés des PME agricoles, M. Rameix a répondu qu'il avait été "frappé" par l'ampleur de la crise dans ce secteur, lors de ses déplacements en province.

"Il est difficile de rattraper un dossier refusé par le Crédit Agricole, interlocuteur privilégié de ce secteur", a-t-il reconnu.

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Selon lui, le principal risque actuel dans le secteur du crédit aux PME se situe au niveau des agences. "Dans le doute, le personnel local des banques préfère ne pas prendre de risques", lorsqu'une PME lui demande un crédit, "il préfère s'abstenir, en disant: on n'y voit pas très clair, on n'y va pas".

Le rôle du Médiateur, a-t-il poursuivi, est de lever ces doutes, et d'intervenir éventuellement auprès de la hiérarchie de la banque.

"Deux fois sur trois, on réussit à transformer un refus de crédit en acceptation". a-t-il conclu.