« La guerre en Iran a de gros effets : nos primo-accédants ont vu leur plein d'essence augmenter de 30%, l'inflation est de 3% sur un an et le taux d'intérêt » de la dette français à dix ans « s'envole et a dépassé les 5% », énumère la PDG de Nexity, Véronique Bédague.
Les taux d'intérêt des crédits immobiliers sont liés aux taux longs de la dette de l'Etat et évoluent actuellement entre 3,2% et 3,5%, mais les experts prévoient qu'ils dépassent 4% début 2027.
« Ce contexte pèse sur les projets immobiliers des Français », a-t-elle ajouté auprès de l'AFP, indiquant que « le nombre de refus de prêt augmente ».
Ainsi les réservations de logements effectuées entre janvier et septembre par des particuliers ont reculé de 10% par rapport à la même période de 2025, à 3.094 logements.
Les ventes aux clients accédant à la propriété ont baissé de 18%, tandis que celles aux investisseurs particuliers ont progressé de 1%, avec une « montée progressive en puissance » du dispositif d'incitation fiscale « Jeanbrun ».
Sur le seul troisième trimestre de 2026, Nexity a reçu 1.536 réservations (tous clients confondus), soit 46% de moins qu'au même trimestre de l'année dernière. Le groupe précise que les ventes aux particuliers reculent de 12% sur le trimestre, nettement moins que le reste du marché.
« Nous sommes dans un point bas » du marché « qui va être un peu plus bas et plus long » qu'anticipé en 2025 et « va sûrement durer jusqu'après la présidentielle », a expliqué Véronique Bédague.
Face à cette crise du logement neuf qui dure depuis plus de trois ans, Nexity a lancé une nouvelle « revue du portefeuille d'activités hors promotion immobilière » pour évaluer si certaines doivent être cédées.
De nouvelles suppressions d'effectifs ne sont pas écartées pour « dimensionner le groupe avec les volumes d'activités » observés, selon Véronique Bédague.
Pour la PDG du promoteur « rechercher des économies est très important », notamment pour faire baisser les prix des logements à vendre et être plus compétitif.
En 2024, Nexity avait mené un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de 500 suppressions de postes, dont 227 licenciements, et un plan de cession d'activités pour se réorganiser complètement face à la crise.
Le groupe a confirmé ses objectifs annuels pour 2026, malgré un chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de l'année en baisse de 17%.

















