Le marché du crédit immobilier poursuit sa parenthèse estivale. Après une hausse des taux moyens, toutes durées confondues, passant de 3,22% au premier trimestre à 3,24% au second trimestre, selon le dernier Observatoire Crédit Logement-CSA, l'heure est à la stabilisation.

Les principaux réseaux de courtage s'accordent sur des barèmes quasiment inchangés en cette fin juillet, et ce malgré la progression des taux de la dette française. Après avoir évolué autour de 3,6% au début de l'été, l'OAT à 10 ans a franchi le seuil des 4% en juillet, « un niveau qui attire particulièrement l'attention des établissements bancaires », analyse le courtier Pretto. En effet, lorsqu'ils fixent leurs barèmes immobiliers, « les établissements bancaires regardent principalement leur coût de refinancement à long terme, dont l'OAT française à 10 ans constitue l'un des principaux indicateurs. »

La dette française scrutée

Cette forte hausse des taux sur la dette française reflète notamment « les tensions inflationnistes liées à l'énergie et une prime de risque politique et budgétaire propre à la France », souligne John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.

Pour l'État, dépasser « le seuil des 4% porte surtout un message symbolique : la France ne se finance plus aux conditions d'un pays considéré comme presque équivalent à l'Allemagne » avec des « doutes sur la trajectoire budgétaire nationale », explique-t-il.

Pour autant, cette remontée des taux des obligations d'Etat ne s'est pas encore traduite par une hausse généralisée des taux immobiliers. « Tant que les banques restent dans une logique de conquête, les taux devraient évoluer de manière limitée. En revanche, si l'OAT se maintient durablement autour de 4%, elles pourraient progressivement répercuter cette hausse dans leurs nouveaux barèmes », explique Pierre Chapon, cofondateur de Pretto.

« Nous sommes en train d'entrer dans le scénario pessimiste que nous décrivions au début du printemps, avec une OAT toujours très élevée - et qui ne baissera pas avec l'incertitude créée par le contexte politique. Résultat, les banques ne pourront plus tenir l'effort sur les taux de crédit consenti depuis le début d'année, alors même que nous sortirons de la saison faste de l'immobilier. Nous n'excluons plus de voir des taux sur 25 ans s'approcher des 4% à la mi-septembre » alerte Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires chez Meilleurtaux.

Les taux moyens dans les banques début juillet

  • Sur 15 ans : 3,28% d'après Meilleurtaux ; 3,25% chez Empruntis ; 3,33% pour Pretto.
  • Sur 20 ans : 3,40% d'après Meilleurtaux ; 3,45% chez Empruntis ; 3,44% pour Pretto.
  • Sur 25 ans : 3,49% d'après Meilleurtaux ; 3,55% chez Empruntis ; 3,52% pour Pretto.

Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.

Si les barèmes restent stables en août, « les conditions obtenues par les emprunteurs continuent toutefois de varier sensiblement selon la qualité du dossier, mais aussi selon la région de financement. L'écart peut atteindre jusqu'à 60 points de base dans certains territoires, confirmant l'importance du profil emprunteur dans l'accès aux meilleures conditions de crédit », constate Pretto.

Le CCF vient de décider par exemple, de baisser ses taux de 0,10 point pour un couple avec plus de 80 000 euros de revenus annuels, souligne Pretto. Cette volonté de conquérir de nouveaux clients se retrouve également dans les offres commerciales lancées par plusieurs établissements.

La Caisse d'Épargne Provence Alpes Corse a ainsi abaissé le taux de son prêt complémentaire Immo+ à 1,99%, contre 2,49% auparavant, pour les primo-accédants finançant leur résidence principale, selon pretto. Ce prêt complémentaire représente 10% du montant du prêt principal, dans la limite de 30 000 euros, sur une durée pouvant aller jusqu'à 25 ans.

De son côté, le Crédit Agricole du Morbihan a lancé son nouveau Prêt Booster Mon 1er Toit, proposé à 1,99% pour les primo-accédants sur 10% du montant emprunté jusqu'à 30 000 euros.

Un taux supérieur à 3,50% sur 25 ans, les nouvelles prévisions pour fin 2026