Les marchés : +1,8% sur la semaine !
Après trois semaines consécutives de baisse, la Bourse de Paris reprend enfin des couleurs. Le CAC 40 termine la semaine en hausse de 0,43% ce soir, à 8 274 points, soit un gain de 1,8% depuis lundi matin. Et clairement, ce n'était pas gagné ! Les marchés mondiaux se sont eux aussi offert un rebond ce vendredi, tentant de tourner la page d'une période agitée pour les valeurs technologiques. Les investisseurs s'interrogent toujours sur les véritables gagnants de la révolution de l'intelligence artificielle, et une rotation (voir lexique) s'opère actuellement. Les fabricants de matériel, comme les producteurs de semi-conducteurs ou les acteurs des infrastructures de données, résistent mieux que les sociétés de services liées à l'IA, dont la capacité à transformer rapidement cette technologie en profits reste questionnée. Sur le front macroéconomique, les signaux venus des États-Unis se montrent moins rassurants. Le traditionnel rapport mensuel sur l'emploi n'a pas été publié aujourd'hui en raison d'un énième blocage budgétaire à Washington. Toutefois, les indicateurs alternatifs pointent tous vers un ralentissement du marché du travail. Les offres d'emploi tombent à leur plus bas niveau depuis 2020, les créations de postes dans le secteur privé ressortent bien en dessous des attentes et les annonces de licenciements atteignent leur plus haut niveau pour un mois de janvier depuis la crise financière de 2008-2009. Un ensemble de données qui suggère que la dynamique de l'emploi américain commence à s'essouffler, un point que la Banque centrale américaine suivra de très près dans les prochains mois ! Enfin, autre sujet brûlant de la semaine, le bitcoin poursuit ses montagnes russes. La première cryptomonnaie mondiale est passée sous les 70 000$, touchant même les 60 000$ avant de rebondir. Elle s'échange actuellement autour des 69 500 dollars. Bref ! La tension reste forte sur les actifs les plus spéculatifs, dans un marché qui tente encore de trouver son équilibre entre optimisme sur les nouvelles technologies et inquiétudes sur leur rentabilité réelle.
Les valeurs : Stellantis, Vinci et Equasens
Stellantis C'est la terrible sanction du jour. Stellantis s'effondre de 25,24% à 6,11€ ! Le groupe automobile traverse une crise majeure après avoir reconnu s'être trompé sur la rapidité du passage à la voiture électrique. La direction a décidé de revoir brutalement sa stratégie, en abandonnant ou réduisant plusieurs projets dans l'électrique, ce qui entraîne plus de 22 milliards d'euros de charges exceptionnelles et de lourdes pertes financières. Cette remise à plat, présentée comme un « reset », vise à corriger les erreurs du passé, mais provoque un choc immédiat. Les conséquences sont sévères : pertes records, absence de dividende, trésorerie négative et forte chute de l'action en Bourse, signe d'une perte de confiance des investisseurs. Le marché doute de la capacité de la direction à redresser rapidement le groupe, d'autant que les perspectives pour les prochaines années restent faibles et peu précises. Si la situation commence légèrement à s'améliorer aux États-Unis grâce au retour de modèles thermiques, Stellantis part de très loin après avoir perdu des parts importantes de marché. En Europe et ailleurs, la concurrence reste intense. De nombreux bureaux d'études estiment que des mesures supplémentaires seront nécessaires, comme des réductions de coûts ou des fermetures d'usines. En résumé, Stellantis a choisi de solder ses erreurs, mais son redressement s'annonce long, difficile et incertain. En Bourse, c'est l'hémorragie : -36% en 2024, -18% en 2025 et désormais -34% en 2026 !
Vinci Après la pire performance journalière du CAC et du SBF, place à la meilleure ! Vinci a fortement rassuré les investisseurs aujourd'hui, avec des résultats meilleurs que prévu et de solides perspectives. Depuis quatre ans, le groupe génère énormément de trésorerie, et 2025 ne fait pas exception avec un nouveau record. Cette performance financière a été très bien accueillie en Bourse, où l'action s'envole de 9,91% à 134,20€ ce vendredi, entraînant aussi ses concurrents à la hausse (+5,7% pour Eiffage). En 2025, Vinci a augmenté son chiffre d'affaires et amélioré ses résultats, notamment grâce à ses activités de concessions (autoroutes et aéroports) et aux services liés à l'énergie. Malgré une fiscalité plus lourde en France, le bénéfice est resté en progression. Mais ce qui a surtout impressionné le marché, c'est la capacité du groupe à générer du cash, bien au-delà des attentes, tout en réduisant sa dette. Par ailleurs, Vinci se montre confiant pour 2026. Le groupe anticipe une hausse du trafic dans ses infrastructures, une nouvelle croissance dans les services à l'énergie et une activité stable dans la construction, avec des marges solides. Il prévoit encore une augmentation de son chiffre d'affaires, de ses résultats et une trésorerie élevée. Dans un contexte où certaines entreprises déçoivent fortement les investisseurs, Vinci apparaît comme une valeur robuste, bien gérée et attractive, ce qui explique l'enthousiasme actuel des investisseurs. Vinci fait partie de nos valeurs de long terme préférées et figure dans notre portefeuille défensif. notre objectif boursier.
Equasens Le spécialiste des solutions informatiques pour les professionnels de santé, éligible au PEA-PME, a publié des résultats annuels solides, avec un chiffre d'affaires en hausse de 9% à 236 millions d'euros et des revenus récurrents atteignant 108 millions d'euros, également en progression de 9%. Equasens continue ainsi de profiter de la numérisation du secteur, portée par ses logiciels et services destinés aux pharmacies, cabinets médicaux et établissements de santé. Le groupe compte poursuivre son développement en 2026, notamment via l'intégration de fonctionnalités d'intelligence artificielle dans ses logiciels et le renforcement de ses offres d'abonnement hébergées sur son cloud. Malgré ces perspectives favorables, le marché s'est finalement retourné aujourd'hui : après une hausse en début de séance, l'action cède finalement 3,02% sous le poids de prises de bénéfices, et clôture ce soir à 38,60€. À croire que l'IA ne suffit plus à alimenter les espoirs ! Le titre abandonne près de 14% depuis le début de l'année (+4,3% en 2025).
Le résultat du vendredi : Et maintenant... Amazon !
Patatras. Amazon perd 8% aujourd'hui, malgré d'excellents résultats financiers... Comme pour Alphabet mercredi soir, les investisseurs s'inquiètent surtout de l'ampleur des dépenses annoncées dans l'intelligence artificielle. Le marché redoute que ces investissements colossaux ne mettent longtemps à générer des profits concrets. Amazon a pourtant publié des chiffres très solides, avec une forte hausse de son chiffre d'affaires et des bénéfices supérieurs aux attentes. Sa division de cloud, Amazon Web Services, affiche même sa meilleure croissance depuis plus de trois ans, portée par la demande en services liés à l'IA. Cette activité est devenue un moteur central du groupe et ses perspectives restent très favorables. Mais ces bonnes performances ont été éclipsées par l'annonce de dépenses d'investissement massives. Amazon prévoit d'investir environ 200 milliards de dollars cette année, notamment dans l'IA, les puces, la robotique et les satellites. Ce montant, encore supérieur aux attentes, a ravivé les craintes des investisseurs, qui surveillent désormais ces dépenses de très près, parfois plus que la croissance ou les bénéfices. Le patron d'Amazon, Andy Jassy, assure que ces investissements auront un fort retour à long terme. Toutefois, à court terme, ils pèsent sur les perspectives de résultats, avec des prévisions jugées un peu décevantes pour les prochains trimestres. Tant que les bénéfices concrets de ces investissements ne seront pas clairement visibles, la méfiance du marché devrait persister. Après +5,2% en 2025, Amazon cède désormais 11% depuis le 1er janvier à Wall Street.
Le monde d'après : La méga-fusion annulée
Le projet de méga-fusion entre Rio Tinto et Glencore n'aura pas lieu. Nous vous en parlions récemment. Finalement, les deux géants des matières premières ont annoncé l'arrêt de leurs négociations, mettant fin à un rapprochement qui aurait pu donner naissance au premier groupe minier mondial, valorisé autour de 260 milliards de dollars. En cause, des désaccords persistants sur la valorisation et le partage de la valeur au sein du futur ensemble, le suisse Glencore estimant que sa contribution, notamment dans le cuivre, n'était pas suffisamment reconnue dans les termes proposés. La réaction des marchés a été immédiate. Les deux titres ont été sanctionnés depuis hier, les investisseurs intégrant la disparition d'un scénario qui promettait d'importantes synergies dans un secteur en pleine consolidation. Le rapprochement devait notamment renforcer l'accès aux ressources en cuivre, métal stratégique porté par la transition énergétique, la défense et l'explosion des besoins liés aux centres de données et à l'intelligence artificielle. Cet échec ne met toutefois pas fin au mouvement de concentration dans l'industrie minière. Après la tentative avortée de BHP sur Anglo American et alors que d'autres opérations se poursuivent, la bataille pour sécuriser l'accès aux métaux critiques reste entière. Dans ce contexte, le secteur demeure sous pression stratégique, et de nouveaux rapprochements pourraient rapidement revenir sur le devant de la scène.
Le lexique : Rotation boursière
En Bourse, on parle de rotation lorsque les investisseurs déplacent progressivement leurs capitaux d'un type d'actifs vers un autre. Par exemple, après une période où les actions technologiques américaines ont attiré des flux massifs, une partie des investissements se redirige actuellement vers d'autres zones géographiques ou d'autres styles d'investissement, comme l'Europe ou les actions dites « value », jugées moins chères ou plus défensives. Cette rotation ne signifie pas forcément une crise, mais plutôt un changement de préférences des investisseurs en fonction du contexte économique, des valorisations et des perspectives à venir. D'ailleurs, nous vous avons préparé un article sur les marchés émergents pour l'édition de ce week-end. Ils profitent à plein de cette rotation hors des États-Unis depuis le début de l'année...










