16 151 saisines ont été reçues en 2017 par la médiation unique de lassurance, créée en 2015 suite au rapprochement des anciennes fédérations FFSA (représentant auparavant les sociétés d'assurance) et Gema (regroupant les mutuelles d'assurances), désormais regroupées au sein de la Fédération française de lassurance (FFA). Parmi les produits concernés par les litiges : une majorité dassurances de biens (automobile, habitation..., 59%), de la prévoyance (31%), mais aussi 10% dassurance-vie. Florilège de litiges récurrents ou émergents recensés en assurance-vie par le médiateur, Philippe Baillot.
Défaut de conseil
Faire souscrire à un client un même contrat en trois exemplaires ? Avec pour seule conséquence de multiplier les frais ? Dans ce cas, la société de courtage ayant proposé cette triple souscription est clairement fautive au regard du médiateur : le courtier a été contraint de rembourser les frais. Le médiateur pointe ainsi le devoir de conseil du courtier, assureur ou banquier qui vend lassurance-vie. En cas de manquement, larbitrage sera quasi systématiquement favorable au client assuré.
Clause bénéficiaire absente ou mal rédigée
De nombreux litiges reposent sur la rédaction trop floue de la clause bénéficiaire. Bien souvent, le souscripteur laisse une clause type, qui sactive en cas de décès de lassuré : « le conjoint, à défaut les enfants et descendants nés ou à naître de lassuré ». Le médiateur évoque la complexité, pour l'assureur, de retrouver le bon bénéficiaire avec ce type de clause floue, en particulier dans le cas de familles recomposées. Doù son conseil : « le souscripteur doit apporter le plus grand soin dans la rédaction » de cette clause, et si possible nommer les bénéficiaires souhaités, puis la modifier en cas dévolution, etc.
Toujours sur la clause bénéficiaire, le médiateur évoque un cas de documents perdus par lassureur. En l'espèce, en labsence du contrat, lassureur avait versé les sommes de l'assurance vie à la conjointe du souscripteur. Or le frère de ce dernier affirmait avoir été désigné bénéficiaire. Le médiateur confirme que l'assureur a commis une faute : il doit conserver les documents pendant 10 ans minimum suite au terme du contrat, le décès de lassuré dans le cas présent. Cependant, malgré la faute de lassureur, le médiateur souligne que « la jurisprudence précise ( ) que la charge de la preuve de la volonté du défunt de la désigner comme bénéficiaire repose sur la personne qui exige que lui soit versé le capital garanti ».
Rente réclamée tardivement
« La médiation est régulièrement saisie par des réclamants qui ont oublié lexistence de leur contrat, ou qui indiquent ne jamais en avoir eu connaissance », et qui demandent ainsi tardivement, passé lâge de la retraite, le déclenchement du versement de leur rente viagère. Si les clauses du contrat prévoient le versement de rentes à partir dune « date connue de lassureur », par exemple les 65 ans de lassuré, alors la compagnie est forcément fautive : elle doit rembourser le client, en versant les premières rentes de façon rétroactive. En revanche, si les versements sont prévus à compter dun « événement non planifiable », comme un départ à la retraite, cest à lassuré quil incombe dinformer lassureur. Dans ce cas, le paiement rétroactif nest donc pas envisageable selon le médiateur de lassurance.
Confusion entre assurance-vie classique et contrat retraite
« Sur le marché de lassurance, il existe aujourdhui divers types de contrats, allant du simple contrat de prévoyance au contrat dassurance sur la vie de type épargne, jusquau contrat dit de retraite », rappelle le médiateur. Or, certains titulaires de contrats retraite de type Madelin ou Perp ne perçoivent pas la différence avec une assurance-vie classique : sauf quelques rares exceptions, leur contrat ne permet pas un rachat avant la retraite, contrairement à un contrat dassurance-vie « de type épargne ». La faute, souvent, à une notice dinformation rédigée voici de nombreuses années et précisant mal les modalités de rachat. Face à ce type de doléance, le médiateur ne peut qu« apporter les éclaircissements nécessaires au souscripteur », sans lui donner raison.
Problème de date de rachat
La date de retrait (ou rachat, dans le jargon de lassurance-vie) a une importance pour le client dun point de vue fiscal. Elle détermine lannée où les gains retirés à cette occasion seront soumis à limpôt sur le revenu, en sachant que les contribuables profitent chaque année, si le contrat a plus de huit ans d'ancienneté, dun abattement de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple).
Le médiateur détaille ainsi le cas dun assuré ayant réclamé un rachat le 27 décembre 2016 pour profiter de labattement sur lannée fiscale 2016. Mais le rachat na été opéré que le 2 janvier 2017 par lassureur. En loccurrence, le contrat concerné prévoit que « chaque opération prend effet au plus tôt le lendemain de la réception de la demande de lassureur », en fonction « des délais dinvestissement/désinvestissement des actifs ». Le médiateur a ainsi donné raison à lassureur, et rappelle aux clients quils doivent anticiper leurs rachats en se référant aux conditions générales de leur contrat.
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