Le poids des épargnants particuliers sur le marché de linvestissement responsable est de plus en plus faible. Novethic ne sen cache pas, évoquant en 2014 « moins dun euro sur cinq en gestion ISR contre près du tiers il y a trois ans ». Très exactement, la part des particuliers sur le marché de lISR est passé de 30% en 2011 à 18% en 2014. Les 82% restants ? Des « investisseurs institutionnels ».
Les assureurs, deux tiers du marché
Mais qui sont ces « institutionnels » ? En grande partie des assureurs qui « portent la croissance de linvestissement responsable » en France selon Novethic, filiale de la Caisse des dépôts qui livre chaque année des statistiques sur lISR. Lorsque lon prend en compte à la fois lISR et « lintégration ESG », des produits financiers respectant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) moins contraignants que lISR, « les assureurs représentent deux tiers de linvestissement responsable français ».
Novethic souligne dans son étude annuelle que les compagnies dassurance choisissent lISR « pour des volumes réduits » et optent pour lintégration ESG « sur des volumes plus importants, surtout sur des nouveaux investissements ». Résultat : 18% des placements des assureurs prennent aujourdhui en compte des critères ESG selon la filiale de la Caisse des dépôts.
Assurance-vie : plus de 78 milliards deuros ISR
Du point de vue des particuliers, l'investissement responsable ne concerne donc pas que lépargne salariale, comme le voudrait une idée largement répandue, mais aussi lassurance-vie, placement principal des Français en termes de montants déposés. « Dans le cas de la gestion ISR, 72% des encours déclarés par les assureurs, soit 78,4 milliards deuros, viennent de fonds en euros », affirme Novethic dans son étude, réalisée en partenariat avec le Forum pour linvestissement responsable (FIR).
Sans le savoir, les détenteurs dassurance-vie misent ainsi indirectement sur lISR et plus généralement sur des produits financiers respectant certains critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). « Les pratiques mises en place sont rarement expliquées aux clients », regrette ainsi Novethic.
Un concept trop flou pour le grand public
Dans l'épargne salariale aussi, les Français misent sur les produits ISR et ESG sans le vouloir réellement selon Olivier de Fontenay, associé de la société de gestion et cabinet Eres. « La gamme de fonds disponible dans les [plans dépargne salariale] est choisie par lentreprise et les représentants des salariés qui se comportent plutôt comme des institutionnels », explique Olivier de Fontenay sur le blog de son entreprise, « Partage du profit ». « Si tous les [fonds] du plan sont ISR, le salarié naura donc pas choisi lISR », la démarche étant à mettre à l'actif de l'entreprise.
Le manque dattrait pour lISR de la part des particuliers serait avant tout dû à leur « méconnaissance » du concept, ce que confirme les récents sondages sur le sujet : une large majorité de Français ne connaissent pas linvestissement socialement responsable. Une méconnaissance notamment due au flou entourant le concept : « Chaque gérant financier donne sa propre définition de lISR », appuie Olivier de Fontenay. Les acteurs du secteur semblent être conscients de ces freins au développement et travaillent à lélaboration dun label ISR unique et reconnu par les pouvoirs publics. Aux dernières nouvelles, une « proposition définitive » serait attendue pour la fin 2015.















