Le gouvernement a demandé aux partenaires de dégager 400 millions d'euros « notamment » sur les ruptures conventionnelles, mais les organisations patronales veulent aussi parler de l'indemnisation des intermittents du spectacle ou des frontaliers et surtout porter les économies à au moins un milliard d'euros, ce que refusent tous les syndicats.

Le Medef a « demandé à l'Unédic une étude pour augmenter de 50 heures le seuil de 507 heures » de travail par an nécessaire aux intermittents du spectacle pour être indemnisés », a déclaré à la presse à l'issue de la séance le négociateur du Medef Hubert Mongon. Il a précisé que cela permettrait 130 millions d'euros d'économies par an.

M. Mongon a expliqué que les négociateurs interprofessionnels étaient dans le cadre actuel légitimes à négocier sur ce sujet sectoriel, ce que conteste la CGT. L'ensemble des pistes d'économies possibles présentées en séance par les services de l'Unédic « peuvent engendrer des économies bien supérieures » à un milliard d'euros, a affirmé le représentant patronal

France Travail : votre allocation chômage est-elle supérieure à la moyenne ?.

Prochaine séance le 19 février

Le gel de la revalorisation des allocations chômage, qui normalement intervient en juillet, est « une éventualité qu'il ne faut pas à ce stade écarter », a encore expliqué Hubert Mongon.

« On ne peut pas dire qu'on voit la piste d'atterrissage », a résumé pour sa part le négociateur de la CFDT Olivier Guivarch. Mais « on s'est mis d'accord sur la méthode », a-t-il nuancé: les organisations patronales comme syndicales sont tombées d'accord pour mettre sur la table leurs propositions respectives avant la prochaine séance du 19 février.

« Le sujet, ce sont les ruptures conventionnelles » et pas autre chose, a souligné son homologue de la CGT Denis Gravouil, qui a mis en avant la possibilité de trouver de nouvelles recettes, par exemple par un nouveau relèvement, à 50% ou 60%, du forfait social versé par les entreprises sur les indemnités de rupture conventionnelle, déjà passé de 30% à 40% depuis le 1er janvier.

« C'était un tour pour rien », « on n'a pas avancé d'un chouia », a jugé le représentant de la CFTC Frédéric Belouze, estimant néanmoins qu'« un accord est envisageable ». « Après la séance d'aujourd'hui, je ne suis pas optimiste du tout », a tempéré Michel Beaugas, de FO. Pour Jean-François Foucard du syndicat des cadres CFE-CGC, « on a le sentiment d'avancer, mais vraiment à tout petits pas ».