« La flat tax est jugée très sévèrement » par les Français, comme le souligne le Cercle de lépargne en commentaire de son étude annuelle, réalisée par le Cecop et l'Ifop (1). Lorsque linstitut de sondage sadresse à lensemble des Français, 73% des personnes interrogées qualifient le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de « mauvaise mesure ». Cet accueil défavorable est généralisé dans la population : 69% des « épargnants » y sont défavorables, et 59% des Français disposant dun patrimoine financier de plus de 50 000 euros y sont opposés.
Le Cercle de lépargne, dirigé par léconomiste Philippe Crevel, souligne que la flat tax pâtit de « deux critiques contradictoires » : « Le taux de 30% peut être jugé excessif pour les produits dépargne (notre enquête de 2016 fixant le taux idéal à 15%) et le même taux peut être jugé insuffisant sagissant des dividendes des actionnaires. »
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Une mesure mal comprise
Ce mauvais accueil peut étonner car, pour de très nombreux épargnants, la flat tax se traduit par une baisse dimpôt. Mais les sondés semblent avoir été surtout marqués par deux évolutions défavorables liées à l'entrée en vigueur du PFU : la fiscalisation, dès la première année de détention, des intérêts des Plans épargne logement nouvellement ouverts, et lapplication du PFU aux gains réalisés sur certains gros contrats dassurance-vie.
Au-delà de la redistribution des cartes concernant la fiscalité de lépargne, les personnes interrogées ne saisissent pas lutilité de la mesure : « Seuls 18% des sondés pensent que cette mesure est utile pour léconomie française quand 34% estiment quelle est néfaste et 48% quelle est ni utile, ni néfaste », souligne le Cercle de lépargne, en ajoutant : « Ce jugement est partagé par toutes les catégories sociales et par toutes les sensibilités de lopinion publique. » Ainsi, seuls 35% des électeurs En Marche (LREM) interrogés jugent le PFU « utile pour léconomie ». Or, la mise en place de la flat tax, annoncée par Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle, visait à simplifier la fiscalité du capital, à laligner sur les standards européens, et in fine à inciter les Français à investir dans léconomie réelle grâce à une fiscalité non dissuasive sur les placements les plus risqués.
LISF remplacé par lIFI : une mesure légèrement mieux accueillie
Le recentrage de lex-impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sur le seul patrimoine immobilier ne convainc pas beaucoup plus les Français. 61% des sondés estiment que le remplacement de lISF par limpôt sur la fortune immobilière (IFI) est une « mauvaise mesure ». Mais cette question semble surtout laisser de marbre une large partie de la population. A la question « Que souhaitez-vous pour lIFI ? », les personnes interrogées offrent une réponse très partagée : 29% souhaitent la suppression de lIFI, 37% son maintien et 34% se disent indifférents.
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(1) Enquête commandée par Amphitéa (association liée à AG2R La Mondiale) et le Cercle de lépargne, réalisée par le Centre détudes et de connaissances sur lopinion publique (Cecop) en ligne du 6 au 9 février 2018 auprès dun échantillon de 1 002 personnes majeures représentatif de la population française, le terrain de lenquête ayant été confié à lIfop.


















