Les taux de crédit immobilier continuent de monter en ce mois d'avril et la tendance pour les prochains mois n'est pas baissière. Alors, faut-il se dépêcher pour faire financer votre dossier avant les prochaines hausses ou mettre votre projet en pause ?

1,65%. C'est, selon le courtier Vousfinancer, le taux immobilier moyen pour un profil « normal » souhaitant faire un emprunt sur 25 ans pour un crédit immobilier. Pour un prêt d'une durée de 20 ans, le taux moyen est à 1,45%, contre 1% début janvier. Ajoutez à cela l'assurance emprunteur et les différents frais annexes : vous voilà peut-être proche de la limite des 2,40% de taux d'usure fixé par la Banque de France pour ce deuxième trimestre 2022. Peut-être même la dépassez-vous légèrement. Alors, vaut-il mieux s'entêter ou reporter son projet à plus tard ?

« Ça dépend de quel projet on parle, pose Cécile Roquelaure, directrice des études pour le courtier Empruntis. Si vous avez eu un coup de cœur ou que vous avez besoin d'un logement, vous ne pouvez pas forcément attendre. » À l'inverse, si vous n'avez pas de projet immobilier aujourd'hui, rien ne sert de vous précipitez dans les banques à la recherche des meilleurs taux.

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Vous souhaitez acheter mais vous vous demandez si la période est la bonne ? Il est sans doute temps de se lancer. Pour Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux, « personne n'a intérêt à attendre. Les taux à 1%, je pense que c'est terminé. On a une telle inflation que ce n'est plus possible, on n'en verra plus. Et ils vont continuer à augmenter dans les prochains mois. »

Un sentiment partagé par Cécile Roquelaure : « Il y a vraiment une fébrilité croissante sur les taux, certains de nos partenaires bancaires font des comités de taux deux fois par mois. Aujourd'hui, attendre, c'est payer plus cher son crédit. »

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L'incertitude de l'assurance emprunteur

Pour le crédit, c'est donc aujourd'hui ou jamais ? Pas tout à fait. Car outre les personnes n'ayant pas encore de projet, de rares profils ont intérêt à patienter encore un peu. Ceux qui n'ont pas le choix pour commencer, si leur dossier ne passe pas à cause du taux d'usure actuel.

Se pose aussi la question d'attendre le 1er juin, date de la fin du questionnaire médical obligatoire. La loi Lemoine, qui réforme l'assurance emprunteur, pourrait changer la donne dans certains dossier avec la suppression du questionnaire médical pour les prêts jusqu'à 200 000 euros (par tête) et si la fin de la durée d'emprunt ne dépasse pas le 60e anniversaire de l'emprunteur. « Potentiellement, pour certains profils, il peut y avoir à partir du 1er juin la fin d'une surtarification qui bloquerait le dossier. On pourra donc peut-être faire baisser le coût de l'assurance », explique Cécile Roquelaure.

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Mais là encore, mis à part pour de rares dossiers, l'attente ne vaut pas forcément le coup. « En face, il y a le taux de crédit qui va continuer à augmenter, assure-t-on chez Empruntis. Aujourd'hui, on ne sait pas si vous allez gagner d'un côté ce que vous allez perdre de l'autre. Sauf vrai pépin de santé qui est une véritable embûche à votre projet d'achat, ce ne sera pas mieux dans deux mois. »

Une opinion confirmée par Maël Bernier, qui met également en avant le risque de voir les taux d'assurance augmenter pour tout le monde à partir du 1er juin : « Il va falloir voir comment évoluent les tarifs des assureurs. Ce n'est pas complètement impensable que les prix d'assurance augmentent de manière générale. » Avec la fin du questionnaire médical, les assurances pourraient en effet revenir à une mutualisation du risque partagée entre tous les clients.

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