Une première. Le Crédit Mutuel annonce tirer un trait sur le questionnaire de santé, nécessaire pour l'assurance emprunteur, pour tous ses clients fidèles souscrivant ou remboursant un prêt immobilier. Conséquence directe : un coût abaissé pour tous les emprunteurs présentant des « risques » de santé. Voici combien ils vont économiser, selon le chiffrage de la banque.

Ce qui change au Crédit Mutuel

Fumeur ou non fumeur ? Sport à risque ou pas ? Des antécédents médicaux (cancer, diabète, hépatite, Sida, etc.) ? Une hospitalisation récente ? Ce type de question, les banquiers doivent les poser à leur client au moment de conclure le crédit immobilier. Il s'agit du questionnaire de santé liée à l'assurance emprunteur : l'assureur partenaire de la banque cherche ainsi à établir votre profil d'assuré en évaluant les risques liés à votre état de santé.

L'annonce du jour du Crédit Mutuel est la suivante : « à compter d'aujourd'hui, nos clients fidèles n'auront plus à remplir de questionnaire de santé pour l'acquisition de leur résidence principale ». Par conséquent, « ils n'auront plus de formalités médicales » et « ne feront plus l'objet de surprimes ou exclusions liées à leur état de santé ». Car, malgré l'application d'un « droit à l'oubli » pour les anciens malades d'un cancer et malgré la convention Aeras (pour « s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé »), emprunter avec des risques de santé vues par l'assureur comme important coûte plus cher.

Cette annonce du Crédit Mutuel détonne, donc, dans le monde bancaire et de l'assurance. Mais elle est réservée aux seuls clients fidèles. Voici les 3 cases à cocher pour y avoir droit : être client du Crédit Mutuel depuis au moins 7 ans, et y domicilier ses revenus ; être âgé de moins de 62 ans au moment de la signature du crédit ; et emprunteur moins de 500 000 euros par emprunteur.

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L'annonce concerne aussi les clients actuels, ceux qui remboursent déjà un prêt au Crédit Mutuel et qui cochent les conditions ci-dessus : « Pour nos clients déjà titulaires d'une assurance emprunteur au Crédit Mutuel (correspondant à ces conditions) et faisant l'objet d'une surprime ou d'une exclusion, ces dernières seront supprimées à compter du 1er décembre 2021 », annonce la banque.

Enfin, précision d'importance : cette annonce concerne pour l'heure le CIC, qui fait partie du groupe Crédit Mutuel Alliance fédérale, et l'ensemble du réseau Crédit Mutuel en France à l'exception des fédérations (Bretagne et Sud-Ouest) du groupe Crédit Mutuel Arkéa.

Questionnaire de santé : les banques vont-elles copier le Crédit Mutuel ?

Combien les clients fidèles vont économiser

« 150 000 emprunteurs », chaque année : voici le nombre de clients qui vont profiter de la suppression du questionnaire selon Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale (groupe basé à Strasbourg et couvrant une large partie du territoire français) et de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Plus concrètement, chaque année, le Crédit Mutuel Alliance fédérale, ses fédérations partenaires et le CIC accordent un crédit à 300 000 ménages pour l'acquisition d'une résidence principale. La moitié d'entre eux sont de nouveaux clients, venant de la concurrence : ils auront toujours un questionnaire de santé. L'autre moitié (150 000 emprunteurs « résidence principale » par an, donc) sont déjà des clients fidèles du Crédit Mutuel : ils ne seront plus soumis au questionnaire. La banque n'a en revanche pas livré le nombre d'emprunteurs concernés chaque année par une surprime (autrement dit le surcoût lié aux antécédents médicaux).

Dans son communiqué d'annonce, le Crédit Mutuel a livré 4 « cas concrets » de clients profitant de la suppression du questionnaire de santé. Les exemples suivants sont mis en avant par la banque, et ils concernent tous un « prêt de 200 000 euros sur 20 ans ».

Cas 1 : Jacky, 50 ans, cancer du pancréas récent. A ce jour : impossibilité d'accéder à la propriété liée au refus de l'assurance emprunteur. Suite à cette annonce, selon le Crédit Mutuel et seulement s'il fait partie des clients fidèles, il sera « accepté sans surprime ni exclusion ».

Cas 2 : Claire, 43 ans, diabétique. A ce jour, si elle emprunte, le Crédit Mutuel Alliance fédérale estime sa « surprime » à 20 euros par mois (4 800 euros sur la durée du prêt). Et elle est concernée par une clause d'exclusion en cas de complications éventuelles liées à son affection (par exemple neurologiques ou cardiaques). A compter d'aujourd'hui, si elle remplit les conditions de fidélité : « plus de surprime, plus d'exclusion ».

Cas 3 : Jean-Jacques, 55 ans, victime d'un accident vasculaire cérébral. Aujourd'hui : surprime de 24 euros par mois (5 760 euros sur la durée du prêt), et refus de la garantie incapacité de travail. A compter d'aujourd'hui selon la banque : « plus de surprime ni exclusion ».

Cas 4 : Albert, 50 ans, rupture des ligaments croisés. Aujourd'hui : exclusion liée à d'éventuelles suites et séquelles de son accident, selon le Crédit Mutuel, qui affirme qu'en supprimant le questionnaire de santé il ne serait plus sous le coup d'une exclusion de couverture en assurance emprunteur.

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