La France est à nouveau confinée. Une décision qui a forcément des impacts sur certains emprunteurs. Voici ce qui vous attend.

Les particuliers à la recherche d’un crédit immobilier et qui sont sur le point de signer un compromis de vente ou viennent tout juste de le faire, peuvent a priori être rassurés.

Les banques et les courtiers sur le pont

« Par rapport au premier confinement, les banques sont mieux organisées pour traverser cette période. La plupart des établissements ont déployé leurs logiciels de traitement des dossiers de prêt auprès de leurs salariés “experts crédits” en télétravail, ce qui n'était pas le cas en mars... Les agences bancaires restent ouvertes, même si les horaires d’ouverture peuvent être modifiées, et le personnel chargé d’étudier les dossiers de crédit est désormais en pleine capacité de le faire à distance. En outre nos partenaires nous ont assuré tout faire pour maintenir la qualité de service habituelle, même pendant cette période difficile. Il n’y a donc pas de raison que les délais s’allongent de façon démesurée comme en mars dernier », explique Julie Bachet, directrice générale du courtier Vousfinancer.

Pour obtenir un crédit, rien ne vous empêche non plus de contacter, en plus de votre banque principale, un courtier afin qu’il puisse vous présenter les meilleures offres du marché. En effet, les agences de courtage en crédit, assimilées aux activités financières et d’assurance, peuvent rester ouvertes et recevoir des clients quand cela est nécessaire.

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« Même si, désormais, Vousfinancer a mis tous les moyens en œuvre pour assurer un accompagnement à distance grâce à la signature électronique du mandat et la visioconférence pour les rendez-vous clients et rendez-vous avec les banques », souligne Julie Bachet. Son de cloche similaire chez le courtier Meilleurtaux, d’après Maël Bernier, la directrice de la communication.

Faire face à une baisse de revenus

Mais que se passe-t-il pour les personnes ayant déjà un crédit immobilier et qui font face à de grosses difficultés pour le rembourser ? Avec les conséquences de l’épidémie sur l’activité économique, certains observateurs craignent une vague d’un million de chômeurs en plus d’ici début 2021. « Près d’un tiers des emprunteurs disent avoir du mal à rembourser leur crédit immobilier. Ce reconfinement pourrait venir accroître cette proportion notamment parmi ceux qui subissent une baisse d’activité - voire une fermeture - pour certains indépendants, artisans ou commerçants », complète Vousfinancer.

Dans ces cas-là, il est possible de demander à sa banque un report d’échéance de prêt, entraînant la suspension du remboursement des mensualités pendant 1 à 12 mois, en une ou plusieurs fois. « Seule la moitié des banques propose l’option report d’échéance. Mais même si ce n’est pas le cas, certaines banques peuvent tout de même accepter une suspension temporaire dans le contexte actuel, et ce même si vous l’avez déjà fait au printemps dernier, car leur objectif est d'assurer la continuité du remboursement du crédit. Durant le premier confinement, certaines banques avaient même assoupli leurs conditions pour accompagner au mieux leurs clients en autorisant le report dès 12 mois d’ancienneté du crédit par exemple », précise Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

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Attention : la suspension d’échéance génère des intérêts supplémentaires et allonge la durée du prêt. « Par exemple, pour un prêt de 200 000 euros souscrit il y a 2 ans à 1,5% sur 20 ans, suspendre ses mensualités de 965 euros hors assurance pendant trois mois rallonge la durée totale du prêt de 4 mois et engendre un surcoût de 885 euros », calcule Vousfinancer.

Autre possibilité : la modulation des échéances. Cette option régulièrement proposée par les banques permet de diminuer ses mensualités de 10 à 30%, dans la limite d’un allongement de la durée du prêt de 2 ans maximum.

En savoir plus sur la modulation des échéances de crédit

Quelles conséquences en cas de crédit relais ?

Quant aux emprunteurs ayant actuellement un prêt relais et qui sont dans l’attente de revendre leur bien, le reconfinement risque d’allonger de quelques semaines sa durée puisque les visites ne sont pas autorisées. « Mais pas d’inquiétude, l’incidence financière sera limitée car les taux des crédits relais n’ont jamais été aussi bas. Ils vont de 0,90% à 1,5% avec une moyenne de 1,20%, sur une durée de 12 mois à 24 mois », rassure Vousfinancer.

Voir aussi : Les dangers et les atouts du prêt relais

Pour ceux qui arriveraient au bout de la période des 12 mois, ce délai peut être prolongé. Quant à ceux qui s'approchent du délai maximal de 2 ans, et qui craignent ainsi de devoir « brader » leur bien immobilier ? Les banques calculent généralement le relais sur la base de 70% de la valeur du bien, ce qui laisse de la marge pour ne pas mettre les emprunteurs en difficulté, même avec une baisse de prix supérieure à 10% en cas de revente. « En outre, compte tenu du contexte et des difficultés à vendre, la banque pourra accepter des solutions comme la mise en location temporaire du bien et le passage du relais en crédit amortissable », explique Vousfinancer.