Les ménages français ne courent pas le risque d'être exclus en masse du crédit immobilier malgré les restrictions récemment demandées par les autorités financières, a assuré lundi la Banque de France, critiquant des affirmations « sans fondement » de la part des banques.

« L'accès au crédit immobilier sera maintenu, sans le moindre doute », a déclaré la Banque de France (BdF), chargée de superviser le secteur financier. « Le crédit immobilier continuera de croître en France, sur des bases plus saines et plus durables », a-t-elle insisté, dans un communiqué commun avec l'ACPR, régulateur du secteur et entité qui dépend elle-même de la BdF.

Les autorités financières, dont la BdF et le ministère de l'Economie, ont demandé fin 2019 aux banques d'éviter d'octroyer des crédits immobiliers sur une durée supérieure à 25 ans. Les autorités souhaitent également que les banques n'acceptent pas de prêt immobilier dont les remboursements représenteraient plus d'un tiers des revenus des ménages.

Ces mesures s'inscrivent dans un contexte d'essor sans précédent du crédit immobilier, répercutant la politique monétaire historiquement favorable au crédit de la Banque centrale européenne (BCE). Que ce soit en matière de taux - à leur plancher - ou de durée moyenne des prêts, le secteur a encore franchi plusieurs records l'an dernier en France. Pour l'heure, les autorités n'ont lancé que des mesures incitatives, renvoyant à la responsabilité des banques, mais elles ne cachent pas envisager de passer à la contrainte d'ici à la fin de l'année.

100 000 exclus d'après l'Observatoire des crédits aux ménages

Ces dispositions ont provoqué de multiples mises en garde des acteurs du marché. Si les courtiers en crédit ont été les plus virulents, les banques sont restées plus discrètes et, dans un premier temps, sa fédération, la FBF, s'est contenté d'assurer pratiquer un crédit « responsable ». Néanmoins, la semaine dernière, des déclarations de Michel Mouillart, fondateur de l'Observatoire des crédits aux ménages, entité financée par la FBF et l'Association des sociétés financières (ASF), ont obtenu un vaste écho médiatique, affirmant que plus de 100 000 ménages seraient exclus de fait du crédit immobilier.

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« Certains chiffres qui circulent du côté des banques n'ont aucun fondement », affirment lundi la BdF et l'ACPR. « Ils ne tiennent pas compte de l'épargne que les ménages peuvent mobiliser facilement - dont leur assurance-vie -, ni des flexibilités prévues. » Les autorités n'ont, en effet, pas fermé entièrement la porte à des crédits de plus de 25 ans, leurs recommandations laissant de la marge de manœuvre aux banques, en particulier quand il s'agit d'un premier achat immobilier.