Le marché du crédit immobilier entre dans une phase d'attentisme. Après une remontée progressive des taux depuis le début de l'année, les banques optent désormais pour une stratégie de stabilité prudente en juin, selon plusieurs baromètres publiés ces derniers jours par Eloa, Meilleurtaux et Pretto.

Chez Meilleurtaux, les taux moyens affichés en juin s'établissent à 3,25% sur 15 ans, 3,39% sur 20 ans et 3,44% sur 25 ans. Des niveaux globalement stables par rapport au mois précédent. Même constat chez Pretto, qui observe des « ajustements limités » malgré un contexte international tendu autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz. Le courtier affiche des taux moyens de 3,37% sur 15 ans, 3,47% sur 20 ans et 3,53% sur 25 ans.

Les taux moyens dans les banques début juin

  • Sur 15 ans : 3,25% d'après Meilleurtaux ; 3,35% chez Empruntis ; 3,37% pour Pretto.
  • Sur 20 ans : 3,39% d'après Meilleurtaux ; 3,45% chez Empruntis ; 3,47% pour Pretto.
  • Sur 25 ans : 3,44% d'après Meilleurtaux ; 3,55% chez Empruntis ; 3,53% pour Pretto.

Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.

Pour les emprunteurs, le principal enseignement est clair : le scénario d'une forte baisse des taux semble désormais s'éloigner. « Les futurs emprunteurs ne doivent pas attendre une chute massive des taux », prévient ainsi Ludovic Laborde, cofondateur d'Eloa.

Des banques toujours offensives

Malgré tout, le marché du crédit reste bien plus dynamique qu'en 2023 ou 2024. Meilleurtaux estime ainsi que la production de crédits immobiliers progresse d'environ 10% sur un an en ce début d'année. Pretto évoque de son côté une hausse d'environ 6% au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025.

Les banques continuent surtout de se livrer à une forte concurrence sur les profils jugés attractifs : primo-accédants, jeunes actifs, ménages disposant d'épargne ou hauts revenus. Certaines enseignes multiplient ainsi les opérations commerciales. Pretto cite notamment une offre « Vente Flash » du LCL à 1,99% sur certaines acquisitions dans le neuf ou les logements bien classés au DPE.

Selon Meilleurtaux, il est également parfois possible de financer une partie de son crédit à des conditions préférentielles grâce aux offres promotionnelles des banques mutualistes.

Des conditions d'accès toujours exigeantes

Si les banques prêtent davantage, elles restent néanmoins très sélectives. Chez Eloa, l'apport moyen atteint désormais près de 79 000 euros pour un dossier immobilier, avec un capital emprunté moyen de 264 141 euros sur près de 23 ans.

Les primo-accédants restent particulièrement contraints. Leur apport moyen plafonne à un peu plus de 54 000 euros, tandis que les durées de crédit continuent de s'allonger afin de respecter la limite des 35% d'endettement.

Pour un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans à 3,47%, Pretto estime désormais la mensualité à environ 1 446 euros hors assurance, pour un coût total du crédit dépassant 97 000 euros.

La BCE et les marchés sous surveillance

La principale inconnue reste désormais l'évolution des marchés obligataires et des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Les courtiers surveillent particulièrement la réunion de la BCE prévue mi-juin, alors que certains responsables évoquent un possible durcissement monétaire face au retour des tensions inflationnistes.

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Pour autant, les professionnels du secteur ne croient pas à un retournement brutal du marché dans l'immédiat. « Aucune hausse massive des taux, ni forte baisse, n'est à attendre jusqu'à la rentrée de septembre », estime ainsi Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires chez Meilleurtaux. Dans ce contexte, la mise en concurrence des banques reste plus stratégique que jamais. D'un établissement à l'autre, les écarts de conditions peuvent encore représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros sur le coût total du crédit.