Cette fois, cest clair, la tendance est bien là. Sur « 35 barèmes de banque reçus » en ce début de mois de janvier, constate le courtier Empruntis dans sa lettre mensuelle, 32 affichent des hausses, comprises entre 0,03 et 0,30 point. Une fourchette proche de celles données par Vousfinancer (de 0,05 à 0,30 point) ou Le Partenaire (de 0,05 à 0,25 point). En moyenne, le consensus se fait autour dune hausse modérée de 0,10 point, ce qui situe les taux de marché pour un crédit immobilier sur 20 ans à 1,65% selon Empruntis ou 1,72% selon Le Partenaire.
« Si cette tendance se confirme dans la grande majorité des établissements bancaires, ce que nous anticipons, les taux moyens sur 20 ans devraient se situer autour de 1,70% pour 1,50% environ en octobre 2016 (point historique le plus bas) », confirme Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux, « ce qui nous amènerait à des niveaux équivalents à ceux de lété 2016 ».
Il ny a donc pas, à court terme, péril en la demeure. Vousfinancer rappelle à point nommé que le taux fixe moyen, pour un crédit immobilier sur 20 ans, a perdu près dun point en 2016, soit léquivalent dune économie de 95 euros sur la mensualité dun crédit de 200.000 euros sur 20 ans. Il y a donc de la marge avant que cette baisse historique soit effacée. Dans limmédiat, une hausse de 0,30 point équivaudrait par exemple à une augmentation de 28 euros de cette mensualité type. Pas de quoi remettre en cause un projet immobilier
Une hausse attendue et contenue
Quen sera-t-il à plus long terme ? Là encore, les courtiers affichent leur foi en lavenir. Premier facteur doptimisme : le Prêt à taux zéro, élargi en 2016, a été reconduit en 2017 et devrait continuer à profiter aux primo-accédants. Même chose pour les investisseurs, qui bénéficieront toujours du dispositif Pinel. La hausse actuelle, ensuite, ne les a pas pris de court, tant elle était prévisible, et même attendue un peu plus tôt. Elle ne fait en effet que répercuter létat de la conjoncture, croit savoir Vousfinancer, avec des « perspectives de hausse de linflation en 2017 » et une « remontée récente du taux de lOAT 10 ans ».
Cette remontée, toutefois, est désormais contenue. Et un autre indice macro-économique incite Jérôme Robin, le président de Vousfinancer, à voir lavenir en rose : « ( ) Tant que la Banque centrale européenne ne remonte pas ses taux de refinancement, proches de zéro, et [ses] taux de dépôt toujours négatifs, les banques restent incitées à prêter ! »
Des objectifs de production toujours aussi élevés
De fait, « les banques ont des objectifs de production de crédit pour 2017 très ambitieux car équivalents à ceux de 2016 qui devrait être une année record avec plus de 230 milliards deuros de production de crédits attendue », poursuit Jérôme Robin. Dans ce contexte, elles nont pas le choix : elles vont devoir « maintenir des taux très bas sous peine de voir ralentir fortement la demande [et de] nuire à la réalisation de leurs objectifs ( ) », analyse Maël Bernier, de Meilleurtaux.
Au final, quel est le scénario attendu pour les mois à venir ? Tous les courtiers saccordent sur une hausse au 1er trimestre, continue mais contenue. « ( ) Les taux moyens sur 20 ans sont passés sous les 2% en avril 2016 et nous ne prévoyons pas quils dépassent cette barre psychologique dans le courant du 1er trimestre », promet Maël Bernier. Que se passera-t-il ensuite, au printemps, période clé pour limmobilier où traditionnellement les banques font des efforts ? Jérôme Robin, de Vousfinancer, nhésite pas à évoquer la possibilité dune baisse des taux en avril. Cécile Roquelaure, directrice des études dEmpruntis, ne va quand même pas jusque là : « ( ) [Les banques] choisiront-elles dabsorber à nouveau la hausse générée sur les 4 mois précédents ? Difficile à imaginer. »
1,34% en moyenne en décembre selon Crédit Logement
Selon lobservatoire Crédit Logement-CSA, publié en début de semaine, le taux immobilier moyen, incluant laccession dans le neuf, dans lancien mais aussi le financement de rénovation, a augmenté de 3 points de base en décembre, pour atteindre 1,34%. Une première depuis un an, mais une hausse jugée moins vive quattendue par le spécialise du cautionnement immobilier.
Lire aussi : Prêt immobilier : une remontée des taux moins vive qu'attendue



















