Les taux de prêt immobilier s'affichent à des niveaux extrêmement bas, mais la progression des crédits à l'habitat sur lesquels pèsent un risque d'impayés se poursuit. Pourquoi ? L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution avance une explication dans son rapport annuel dédié au financement à l'habitat et publié en juillet dernier : « Cette situation peut refléter la persistance dun taux de chômage élevé, qui pénalise les crédits aux particuliers ». Elle pointe aussi un défaut de qualité des données étudiées : « Le taux dencours douteux bruts sur les prêts à lhabitat pourrait toutefois être en partie surestimé dans la mesure où les déclarations de certaines banques incluent également une partie de leurs expositions sur les entrepreneurs individuels alors que les encours douteux quelles déclarent sont rapportés aux seuls crédits sains aux particuliers. »
Les acquéreurs déjà propriétaires en première ligne
Reste que la part des crédits douteux s'affiche à 1,55% pour 2015 et se rapproche des 1,69% de 2001, le point le plus haut observé jusqu'à présent. Dans le détail, la hausse des encours douteux concerne, avant tout, les acquéreurs déjà propriétaires puis les primo-accédants. Le taux d'encours douteux s'approche de 2,5% pour les premiers et dépasse légèrement 2% pour les seconds. A l'inverse, pour les rachats de crédits externes, il tombe à près de 0,6%.
Si les encours douteux augmentent, cela pourrait-il également provoquer à terme une hausse du taux de défaut pour les crédits immobiliers concernés ? Le régulateur balaye cette inquiétude : « Les taux dencours en défaut des banques françaises sur les crédits à lhabitat distribués dans lHexagone se situent dans lensemble en-dessous de la médiane [proche de 1,9%, NDLR] des banques actives (1) sur le marché français, à lexception de SG [Société Générale, NDLR] qui se positionne un peu au-dessus ». De plus, le taux de provisionnement des créances douteuses remonte à 29%. « Par rapport au taux de provisionnement moyen de lensemble des crédits douteux à la clientèle non bancaire, il se situe toujours largement en-dessous avec un écart de plus de 27 points, relativement stable depuis 2011, reflétant limportance des garanties dont bénéficient les banques sur les crédits à lhabitat », explique l'ACPR. En 2001, ce taux de provisionnement était de 48,5%.
(1) Calculs de l'ACPR à partir des expositions sur la clientèle de détail hors PME garanties par un bien immobilier.














