Cette rencontre entre les deux hommes, prévue de longue date, permettra de faire le point sur la situation de cet important organisme collecteur du 1% logement qui a fait l'objet d'un contrôle de l'Agence Nationale pour la Participation des Employeurs à l'Effort de Construction (Anpeec), chargée du "bon emploi" des fonds du 1% Logement.
Le journal Le Monde a révélé que l'ancien directeur général de Solendi Christian Gazet du Châtelier était parti à la retraite en 2007 avec un "parachute" de 1,3 million d'euros.
Le Parisien de jeudi écrit que M. du Châtelier, dont la rémunération annuelle était de 662.000 euros, bénéficierait en plus d'une "retraite chapeau" d'environ 130.000 euros par an.
A la suite de l'enquête de l'Anpeec, M. du Châtelier s'est engagé, selon Le Monde, à rembourser 550.000 euros dans les 6 mois et le président de Solendi Antoine Filippi, qui n'avait pas consulté son conseil d'administration pour l'instauration de ses clauses secrètes, a été poussé à la démission.
Employant 960 personnes, Solendi a deux pôles: la collecte et le prêt de fonds aux salariés et un secteur immobilier avec des participations dans plusieurs sociétés anonymes de HLM.
Ayant collecté 177 millions d'euros en 2008, Solendi a un "total de bilan de 2,6 milliards d'euros", a indiqué à l'AFP son actuel directeur général François Bakonyi.
Les centrales syndicales ont demandé, jeudi dans un communiqué, d'"en finir avec les rémunérations abusives du 1% Logement".
"Les conditions de rémunération de certains dirigeants (....) devront être placées sous la gouvernance paritaire des partenaires sociaux pour éviter toute dérive préjudiciable aux salariés des entreprises", écrit Apels (Association pour la promotion et l'étude du logement des salariés) qui réunit CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC.
Après la Foncière Logement en 2007 et Alliance en 2008, cette nouvelle affaire touche à nouveau le mouvement du 1% logement engagé dans une profonde réforme suite à la loi de l'ancienne ministre du Logement, Christine Boutin.
Le 1% logement, qui gère un total d'environ 4 milliards d'euros par an (collecte auprès des entreprises et retour des prêts aux salariés), a ainsi réduit de 109 à 21 le nombre d'organismes collecteurs.
Géré paritairement par le patronat et les syndicats, le 1% logement a également été forcé par l'Etat de verser 850 millions supplémentaires par an, de 2009 à 2011, pour financer l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et la politique de rénovation des quartiers anciens dégradés.
Créé en 1953, le 1% Logement, en fait ramené depuis plusieurs années à 0,45% du total de la masse salariale, est une participation obligatoire des entreprises de plus de 20 salariés pour financer la construction de logements sociaux et l'accession des salariés à la propriété.








