« Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », a déclaré Michel Mouillart, professeur d'économie chargé de la présentation de cette étude, lors d'une conférence de presse en ligne.

L'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui a mesuré un taux de crédit moyen à 3,14% en décembre 2025 (hors assurance et frais annexes), table sur une hausse à 3,55% au quatrième trimestre 2026 (pour 3,41% de moyenne annuelle) et à 3,95% au quatrième trimestre 2027 (pour 3,60% de moyenne annuelle).

La remontée des taux a débuté à la rentrée 2025, après des points bas à 3,06% atteints en juin et en août. « La réalité économique qui s'impose aux établissements de crédit les a conduits à (...) rajuster les coûts des crédits (et) augmenter les taux des emprunts », a décrit Michel Mouillart.

La durée moyenne des crédits immobiliers frôle les 21 ans

Les établissements bancaires français sont dépendants du taux d'emprunt de leur pays, puisqu'ils empruntent sur les marchés à un coût proche une partie de l'argent qu'ils prêtent ensuite aux particuliers et aux entreprises. Or, le coût de la dette française a atteint, en fin d'année 2025, des niveaux historiquement élevés, plus vus depuis près de quinze ans.

Conséquence du pouvoir d'achat immobilier sous pression, la durée moyenne des crédits immobiliers frôle les 21 ans, une durée longue jamais enregistrée par l'Observatoire depuis sa création, il y a près de vingt ans. Cette durée (250 mois précisément) approche désormais de la limite maximale autorisée par la Banque de France et le ministère de l'Économie, fixée à 25 ans.

Si la hausse des prix de l'immobilier - mesurée à +0,8% l'an dernier selon les dernières données de la Fnaim, publiées la semaine dernière -, se poursuit, deux conséquences sont à prévoir, selon Michel Mouillart.

Soit la part des mensualités dans les revenus des emprunteurs va augmenter, soit « l'autre possibilité, qui est à craindre, c'est la réduction » du nombre d'emprunteurs. « Le marché du crédit demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages », écrivait mercredi dernier la Fnaim, constatant un « accès au financement (...) majoritairement réservé aux ménages les plus aisés ».