L'essentiel
- Selon Vousfinancer et Meilleurtaux, les 60 ans et plus représentent environ 3% des dossiers de crédit immobilier traités, ce qui ne signifie pas que les seniors ne peuvent pas emprunter.
- Il est tout à fait possible d'emprunter après 60 ans, avec des durées plus courtes et des montants moins importants en général.
- La principale difficulté d'emprunt après 60 ans est le coût élevé de l'assurance de prêt, qui peut alourdir considérablement le coût total du crédit.
Est-il commun de souscrire un crédit immobilier après 60 ans ? Selon les chiffres du courtier Vousfinancer, cette catégorie de la population représente 3% des dossiers traités. Même constat chez Meilleurtaux : « Chez nous, les emprunteurs de plus de 60 ans représentent environ 3,1% des dossiers concrétisés. En revanche, ils pèsent davantage dans les demandes d'information, autour de 4,6%, ce qui montre un intérêt réel, même si tous les projets ne vont pas au bout », analyse Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires du courtier.
Ce qui ne signifie pas que les soixante ans et plus se détournent de l'immobilier passés ce cap. « Après 60 ans, beaucoup de projets immobiliers sont déjà réalisés. Lorsqu'il y a un achat, il se fait souvent sans crédit ou avec un besoin de financement très limité », juge Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer.
En revanche, les consommateurs ayant la nécessité d'un crédit sont souvent déjà bien ancrés au sein de leur établissement bancaire. Difficile alors d'envisager d'aller voir ailleurs. « Les plus de 60 ans ont moins le réflexe de comparer. Ils commencent très souvent par solliciter leur banque historique, avec laquelle ils ont une relation établie depuis longtemps », confirme Guillaume Fourt.
Est-il alors facile d'emprunter après 60 ans ? « Il n'y a pas de frein à l'emprunt pour cette catégorie de clients, assure Sandrine Allonier. Il est totalement possible d'emprunter à 60 ans. Les banques, en moyenne, prêtent jusqu'à 75 ans comme âge de fin de prêt. Donc à 60 ans, vous pouvez encore faire un emprunt sur 10 ou 15 ans. »
Des crédits plus courts et des montants moins importants
« Dans la majorité des cas, l'assurance emprunteur bloque autour de 75 ans pour la fin de prêt. Avec une délégation d'assurance, il est possible d'aller jusqu'à 95 ans », estime la porte-parole de Vousfinancer.
Concernant les taux pratiqués, les banques avancent bien souvent au cas par cas. « Les banques préfèrent clairement les emprunteurs plus jeunes et les crédits longs, qui permettent de développer une relation bancaire complète, juge Sandrine Allonier. Les seniors, souvent multibancarisés, n'obtiennent pas les meilleurs taux. » Néanmoins, la capacité à apporter des contreparties, notamment une épargne conséquente, peut amener l'établissement bancaire à bonifier le dossier.
Mais à en croire Guillaume Fourt, « à 60 ans, ce que recherchent surtout les clients, ce n'est pas forcément le taux le plus bas, mais de la lisibilité, de l'accompagnement et une prise en charge fluide du projet. »
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Si emprunter à 60 ans et plus n'est donc pas un souci, deux points vont cependant avoir leur importance. Le premier concerne les revenus de l'emprunteur : « À 60 ans, on approche très fortement de l'âge de la retraite et du coup il va y avoir une baisse de revenus, note Sandrine Allonier. Les banques vont donc prendre en compte les salaires pendant la période d'activité puis les pensions de retraite estimées pour monter le plan de financement ».
Une assurance de prêt qui peut coûter cher
Mais le point principal réside surtout dans le coût de l'assurance emprunteur. « Les taux d'assurance sont nettement plus élevés après 60 ans, car le risque de problème de santé sur la durée du crédit augmente, confirme Guillaume Fourt. C'est souvent ce poste qui fait basculer le dossier vers le taux d'usure. »
« Le coût du crédit peut très vite monter pour ces emprunteurs, valide Sandrine Allonier. Les taux d'assurance sont souvent autour de 0,7% à 0,8%, même sans pathologie particulière, ce qui peut rapidement alourdir le coût total du crédit. »
À titre d'exemple, un emprunteur qui souscrirait un crédit immobilier de 150 000 euros sur 15 ans à 3,5%, avec un taux d'assurance de 0,30% devra s'acquitter de 49 768 euros d'intérêts, dont 6 750 euros d'assurance. Avec un taux d'assurance de 0,70%, le coût total du crédit est de 58 768 euros, dont 15 750 euros d'assurance. Et avec un taux d'assurance de 1%, le coût total du crédit représentera 65 518 euros, dont 22 500 euros d'assurance.
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Quitte à ne pas se séparer de sa banque historique, qui peut en fonction du dossier de l'emprunteur et de l'historique commun se montrer partante pour financer le nouveau projet immobilier, la délégation d'assurance peut en revanche amener une vraie plus-value. « La délégation d'assurance est un levier clé pour les plus de 60 ans, conclut Guillaume Fourt. Les économies potentielles y sont bien plus importantes que sur le taux du crédit lui-même. »























