Le contrat à terme sur le CAC 40 oscillait autour de l'équilibre (+0,08%) une quarantaine de minutes avant l'ouverture. Mercredi, l'indice phare de la place parisienne a fini en forte hausse de 1,01%, s'établissant à à 8.262,16 points à la clôture.

« Les marchés européens devraient ouvrir en baisse, pénalisés par les doutes persistants autour du secteur des logiciels face à l'essor de l'intelligence artificielle », a résumé John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à Cité Gestion Private Bank.

Les valeurs technologiques sont fortement chahutées sur les marchés d'actions cette semaine, les investisseurs craignant non seulement que les valorisations boursières ne soient trop élevées, mais aussi que le secteur continue d'être trop longtemps un gouffre financier en dépenses d'investissement.

Le secteur des logiciels est frappé de plein fouet par la débâcle des acteurs technologiques, le marché se demandant si l'IA ne finira pas par cannibaliser leurs modèles économiques.

Les investisseurs se réorientent ainsi vers d'autres secteurs, ce qui a bénéficié mercredi à la cote européenne qui compte beaucoup moins de valeurs technologiques que les indices américains ou certains asiatiques, comme le Kospi à Séoul.

« La manière dont le marché réagira aux prévisions d'Alphabet pourrait déterminer si la vente massive dans le secteur technologique et de l'IA va se poursuivre », a estimé Kathleen Brooks, analyste à XTB.

Alphabet, maison mère de Google, a publié ses résultats financiers mercredi soir et a de nouveau affiché une santé robuste. Toutefois, le groupe a aussi annoncé une très forte hausse en 2026 de ses investissements, déjà massifs, dans la course à l'armement technologique qui agite la Silicon Valley. Ils pourraient atteindre entre 175 et 185 milliards de dollars.

« L'engagement en dépenses d'investissement d'Alphabet est énorme et, en apparence, pourrait poser problème aux investisseurs sensibles aux coûts liés à l'IA. Cependant, les investisseurs ont du mal à y voir clair pour le moment », a poursuivi Kathleen Brooks.

Dans l'heure qui a suivi la publication de ces chiffres, le titre, en hausse quasi constante depuis six mois, a alterné entre recul et progression dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street.

L'autre point d'attention de la séance sera la chute des métaux précieux, segment de marché sur lequel l'argent s'est écroulé de plus de 15% jeudi dans les échanges en Asie et celui de l'or de plus de 3%.

A l'agenda de la séance, les décisions de politique monétaire de « la Banque d'Angleterre (à 13H00, heure de Paris) et de la Banque centrale européenne (14H15) seront à l'honneur, mais aussi les ventes au détail » en zone euro (11H00), a noté John Plassard.

Les deux banques centrales devraient maintenir leurs taux directeurs inchangés.

Parmi les valeurs à suivre

BNP Paribas : la banque française a fini l'année 2025 en trombe, clôturant l'exercice avec un bénéfice net record pour l'année, supérieur à 12 milliards d'euros. Une performance cependant perturbée par le risque juridique qui plane sur elle aux Etats-Unis, où la banque a perdu un procès important fin octobre.

ArcelorMittal : le sidérurgiste a publié un bénéfice net de 3,15 milliards de dollars pour 2025, contre 1,34 milliard un an plus tôt, et un léger recul de ses ventes (-1,7%), à 61,35 milliards de dollars, imputé à la baisse du prix de l'acier.