Payer avant de savoir combien on doit vraiment : c'est le principe des cotisations provisionnelles. Chaque mois ou trimestre, les entrepreneurs au régime réel versent un acompte de cotisations à l'Urssaf, calculé sur le dernier revenu connu.
Exception : au démarrage d'une activité, l'Urssaf n'a pas de montant sur lequel se baser. Pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées, elle calcule alors provisoirement les cotisations à partir de bases forfaitaires : 19% du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 euros en 2026) pour la retraite de base, la retraite complémentaire et l'invalidité-décès, 40% pour les indemnités journalières maladie. Avec l'Acre, une exonération s'applique sur certaines cotisations.
Des taux de cotisations variables
L'Urssaf n'applique pas un taux unique, mais plusieurs, un pour chaque type de cotisation. Ainsi, la CSG-CRDS est fixée à 9,70% d'une assiette comprenant notamment le revenu professionnel et les cotisations sociales obligatoires, hors CSG-CRDS. La contribution à la formation professionnelle est due dans tous les cas, à taux fixe : 0,25% du plafond annuel de la Sécurité sociale pour les professions libérales et commerçants, 0,29% pour les artisans. Pour les autres cotisations, les taux varient selon le revenu et le profil de l'entrepreneur. Notez que ces règles de calcul ont récemment été révisées dans le cadre de la réforme de l'assiette sociale des indépendants.
Si ses revenus sont faibles ou déficitaires, il reste redevable d'une cotisation minimale pour la retraite de base, l'invalidité-décès et les indemnités journalières maladie. Ces minima s'appliquent après les deux premières années. En 2026, ces trois cotisations représentent 1 135 euros minimum par an, hors contribution à la formation professionnelle. La CSG-CRDS et la retraite complémentaire sont dues proportionnellement au revenu, sans montant minimum.
Côté paiement, l'indépendant a le choix entre un paiement mensuel (le 5 ou le 20 du mois) ou trimestriel. Il peut payer par prélèvement, télépaiement, carte bancaire ou virement. Attention au retard : l'Urssaf applique une majoration de 5% dès le premier jour, puis une majoration complémentaire de 0,2% par mois ou fraction de mois.
Une régularisation annuelle à anticiper
L'entrepreneur déclare ses revenus au printemps, lors de la campagne annuelle de déclaration. L'Urssaf régularise alors ses cotisations de l'année précédente et ajuste les cotisations provisionnelles de l'année en cours à partir de ce nouveau revenu de référence. S'il a gagné plus que prévu, il devra payer un complément, réparti sur ses échéances restantes. S'il a gagné moins, l'Urssaf déduit le trop-perçu de ses prochains versements, voire le rembourse.
A priori simple sur le papier, ce mécanisme en décalé peut en réalité peser sur la trésorerie de l'entrepreneur. Il peut avoir réalisé un chiffre d'affaires élevé, puis connaître une année beaucoup moins favorable. Résultat : ses cotisations viennent grever son budget alors même que ses revenus ont baissé. Dans ce cas, il peut adapter leur montant directement depuis son espace Urssaf. Mais attention à ne pas les sous-estimer, au risque de se faire rattraper lors de la régularisation suivante...
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