Les entreprises disposent en principe de 30 jours pour régler leurs factures, et jusqu'à 60 jours maximum entre professionnels, rappelle Service-public.fr. Pourtant, l'écart entre la règle et la réalité reste important. D'après une étude de la Banque de France publiée en 2025, les retards moyens atteignaient encore 13,6 jours fin 2024. Près d'une entreprise sur dix subit des retards supérieurs à 30 jours et plus de la moitié des grandes entreprises ne respectent pas les délais légaux. L'INSEE rappelle que les très petites entreprises, aux fonds propres plus faibles, restent particulièrement exposées aux tensions de trésorerie. Quelles solutions pour s'en prémunir ?

Du mail de rappel à l'injonction de payer : un protocole en escalier

Premier principe : ne pas laisser traîner une facture échue. L'entrepreneur peut, dès le lendemain du dépassement, envoyer un mail à son client, facture à l'appui. Sans réponse sous une semaine, une seconde relance plus ferme. Après deux messages sans effet, il faut l'appeler directement.

S'il persiste, place à la mise en demeure, envoyée en recommandé avec accusé de réception. Ce courrier officiel bloque le risque de voir la dette expirer et constitue une étape préalable à toute procédure judiciaire. En B2B, l'entrepreneur peut aussi réclamer des pénalités dès le lendemain de l'échéance, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 euros par facture en retard, rappelle Service-public.fr.

Sans réponse, il peut alors déposer une demande d'injonction de payer auprès du tribunal de commerce (ou du tribunal judiciaire pour un particulier). Le juge statue sans audience. En cas d'accord, l'entrepreneur obtient un titre exécutoire lui permettant de forcer le paiement, par exemple via une saisie bancaire. La procédure coûte une trentaine d'euros.

Acompte, CGV, vérification client : éviter les retards en amont

Avant de démarrer une mission, l'entrepreneur peut consulter le profil de son futur client sur Infogreffe ou Societe.com : procédure collective en cours, bilans déficitaires, réduction de capital récente sont des signaux qui peuvent l'alerter. S'il travaille avec des professionnels, il doit aussi mentionner ses conditions de paiement (délai, pénalités de retard, indemnité forfaitaire) sur chaque devis et facture, faute de quoi il lui sera difficile de faire valoir ses droits.

Beaucoup d'indépendants hésitent également à réclamer un acompte. À tort : cette avance, généralement comprise entre 30 et 50%, engage le client et protège l'entrepreneur si la mission tourne court. Autre option : facturer par jalons pour éviter de tout concentrer sur un seul virement final. Pour accélérer les encaissements, l'entrepreneur peut enfin proposer un escompte pour paiement anticipé ou mettre en place un prélèvement automatique pour les missions récurrentes.

Si sa trésorerie se tend malgré tout, l'affacturage peut être une solution temporaire. L'entrepreneur cède alors ses factures à un organisme spécialisé contre une avance rapide, moyennant une commission de 0,3% à 4%. Dernier réflexe : diversifier son portefeuille clients, pour éviter qu'un seul mauvais payeur ne paralyse toute l'activité.

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