Contrairement aux idées reçues, les travailleurs indépendants bénéficient d'une protection en cas d'arrêt de travail. S'ils justifient d'au moins 12 mois d'affiliation continus, l'Assurance Maladie peut leur verser des indemnités journalières (IJ) pour compenser leur perte de revenus. Leur montant repose sur une formule simple : 1/730e du revenu annuel moyen cotisé sur les trois dernières années.
De 0 à 197 euros par jour selon les revenus et l'activité du freelance
Pour les professionnels affiliés au régime général via la Sécurité sociale des indépendants (artisans, commerçants et la grande majorité des professions libérales non réglementées), la base de calcul est plafonnée sur le plafond de la Sécurité sociale (48 060 en 2026). Résultat : leur indemnité journalière ne peut pas excéder 65,84 bruts par jour. Pour les libéraux réglementés affiliés à la CNAVPL, la base retenue est trois fois plus élevée, et l'indemnité peut grimper jusqu'à 197,51 bruts par jour.
Les revenus pris en compte par la CPAM
Le revenu d'activité annuel moyen (Raam) est calculé « sur la moyenne des revenus cotisés des 3 années civiles précédant la date de votre arrêt de travail » rappelle la CPAM. Pour les micro-entrepreneurs, attention : la CPAM ne retient pas le chiffre d'affaires brut, mais le CA après abattement forfaitaire (entre 34% et 71% selon l'activité).
Autre point de vigilance : si son revenu moyen est inférieur à 4 582 en 2026, le travailleur indépendant n'aura le droit à aucune indemnité. La CPAM rappelle toutefois qu'il est « possible de percevoir des indemnités journalières pour maladie et/ou pour maternité au titre de son ancienne activité ». Pour cela, il devra déposer une demande sur le site demarches-simplifiees.fr.
3 jours de carence pour tous, mais une durée d'indemnisation variable
Autre principe à retenir : l'Assurance Maladie ne commence à verser les IJ qu'à partir du quatrième jour, sauf en cas de prolongation d'arrêt, d'ALD ou de fausse couche. Une fois ce délai passé, elle verse les indemnités « tous les 14 jours en moyenne ».
Mais la durée de couverture, elle, diverge d'un indépendant à un autre. Les affiliés au régime général (SSI) peuvent être indemnisés de façon continue jusqu'à 360 jours sur 3 ans. Les libéraux relevant de la CNAVPL disposent du même volume global, mais la Sécurité sociale n'intervient que durant les 90 premiers jours de chaque arrêt. Passé ce cap, c'est la caisse professionnelle qui prend le relais... ou pas. Certaines assurent la continuité de l'indemnisation à partir du 91e jour (CARMF, CAVEC, CARCDSF, CARPIMKO). D'autres, comme la CIPAV, ne prévoient rien.
La protection des indépendants reste donc limitée en cas de revenus faibles ou d'arrêt prolongé. Pour anticiper ce risque, deux options : souscrire un contrat de prévoyance individuel, ou opter pour le portage salarial, qui ouvre droit à une couverture proche de celle des salariés.

















