Le 1er avril 2005, puis le 20 janvier 2006, la Banque Postale lance les fonds communs de placement (FCP) Progressio et Progressio 2006. Gérés par sa filiale LBP Asset Management, ces fonds bénéficient dune garantie en capital au bout de 8 ans de placement, une garantie qui nest donc pas acquise avant cette échéance. Or, la crise financière puis la crise de la dette vont faire chuter la valeur de ces fonds investis en actions et obligations.
En septembre 2011, lAutorité des marchés financiers (AMF) alerte la Banque Postale sur « lévolution très défavorable de la valeur liquidative des FCP Progressio », pour reprendre le récit de lACPR (1) dans la sanction publiée hier. A la suite de quoi la banque a pris certaines mesures pour mettre en garde ses clients des risques de pertes en cas de rachat anticipé. Un cocktail de mesures baptisé « procédure Progressio ». Mais cette procédure a été mal mise en uvre et insuffisamment expliquée aux clients. Raison pour laquelle la commission des sanctions de lAMF a sanctionné la filiale de la Poste en juin 2016.
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9 millions deuros de pertes pour les clients !
Le collège de supervision de lACPR a lui aussi lancé une procédure disciplinaire, en février 2016, suite à un contrôle mené en 2014-2015. Lenquête du régulateur banque-assurance porte notamment sur le devoir de conseil de la banque envers ses clients, et plus particulièrement envers les détenteurs de contrats dassurance-vie ayant investi sur Progressio. Ainsi, selon lACPR, « les pertes totales subies par les clients souscripteurs des unités de compte adossés aux FCP Progressio après la diffusion de la procédure Progressio [en 2011] se sont élevées à un peu plus de 9 millions deuros ». Certes, souligne lACPR, les unités de compte (UC) « adossées aux FCP Progressio ne représentaient que 0,4% des contrats dassurance sur la vie » de la filiale de la Poste, mais quelque 145 315 souscripteurs étaient encore concernés à la fin mars 2015.
LACPR juge ainsi que la « procédure Progressio » mise en uvre en 2011 par la Banque Postale a été très insuffisante, et quelle a été mal appliquée, sans compter que « le recueil des informations auprès des clients était lacunaire ». L'exigence de devoir de conseil nétait donc pas satisfaite selon lACPR. Au crédit de la Banque Postale, lACPR souligne toutefois des « actions correctrices » et le fait que, même sils avaient été correctement avertis des risques, de nombreux clients auraient tout de même racheté leurs actifs par anticipation. Les 9 millions deuros de pertes ne sont donc pas entièrement imputables à la Banque Postale. Les manquements constatés lui valent tout de même un blâme, et une sanction de 5 millions deuros.
(1) Autorité de contrôle prudentiel et de résolution
















