Dans laffaire soumise à la Cour, M et Mme X ont souscrit au contrat dassurance-vie Portofolio Fleming Monde le 4 juillet 1997. Plus de 10 ans après, le 18 septembre 2009, M. X envoie une lettre recommandée à Generali Vie, lassureur, en l'informant de sa volonté de renoncer au contrat. Problème : ce contrat a été souscrit en co-adhésion et non, comme cest le cas le plus fréquemment, à titre individuel. La co-adhésion permet de choisir entre un dénouement au premier ou au dernier décès. Ce type de contrat nécessite une gestion commune de la part du couple : les opérations sur l'assurance-vie nécessiteront l'accord des deux époux, c'est-à-dire la double signature des adhérents. Cela concernce la désignation d'un bénéficiaire, le rachat, l'avance, la sortie en rente, les arbitrages, etc.
Se pose alors la question de la validité dune renonciation par un seul des co-contractants pour un contrat conjoint. En effet, la Cour de cassation a, à plusieurs reprises, considéré que la renonciation est un droit personnel du souscripteur et ne peut donc pas être exercée par un mandataire, comme un avocat. Cependant, la Cour, dans cet arrêt de la première chambre civile du 11 mai 2016 (1), considère la renonciation à un contrat dassurance-vie comme un acte dadministration, c'est-à-dire un acte de gestion courante du patrimoine. En tant que tel, M. X pouvait donc valablement renoncer au contrat. La Cour de cassation renvoie laffaire devant la cour dappel de Versailles, charge à elle de vérifier le respect des autres conditions de la renonciation et la bonne foi du souscripteur.
Pour rappel, lors de la souscription dun contrat dassurance-vie, un délai de 30 jours souvre au profit du souscripteur pour renoncer au contrat, période pendant laquelle il est possible dobtenir le remboursement de la totalité des versements effectués même si des pertes ont été enregistrées. Lorsque tous les documents et informations prévus par le code des assurances nont pas été remis, le délai ne commence à courir quà partir de leur remise effective. Grâce à cette règle, certains souscripteurs demandent le remboursement de leur contrat des années plus tard, le plus souvent afin déviter de subir les moins-values boursières enregistrées sur le contrat.
Voir à ce sujet : La renonciation est limitée aux souscripteurs de bonne foi
(1) Civ1e, 11/05/2016, 15-10447

















