Deux projets « alternatifs de décret en conseil dEtat » visant à faciliter la commercialisation de l'euro-croissance sont soumis à consultation publique jusquau 15 octobre (1). Dans les deux cas, cest la même option qui est retenue : transférer « certains actifs en plus-values latentes des fonds euros vers les fonds euro-croissance » comme lexplique de Trésor. Il sagit donc de loption déjà privilégiée par François Villeroy de Galhau, le futur gouverneur de la Banque de France, dans son récent rapport.
Lire à ce propos : les trois propositions de François Villeroy de Galhau pour éviter léchec de leuro-croissance
Les plus-values latentes sont des profits potentiellement réalisables mais pas encore effectifs, dans lattente que les actifs soient vendus. Bercy souhaite donc permettre aux assureurs de transférer une partie des plus-values latentes des fonds en euros vers les fonds euro-croissance. En dautres termes : booster le rendement de leuro-croissance en se servant sur les fonds en euros, dans certaines limites toutefois.
Transfert limité de 2016 à 2018
Dans un court texte dintroduction, le Trésor justifie le parti pris de se servir sur les fonds en euros par le déséquilibre actuel entre les deux produits : le « démarrage [des fonds euro-croissance] a été ralenti par la baisse très importante des taux dintérêt, qui pénalise les nouveaux fonds ne pouvant investir sur le marché obligataire que dans des titres à rendement réduit », alors que les fonds euros, créés en amont, bénéficient eux « dobligations plus anciennes » et offrent ainsi « un rendement supérieur ».
Les deux projets de décret se différencient par la manière de mesurer la proportion de plus-values latentes pouvant être transférées. Il sagit en revanche dans les deux cas dun « dispositif temporaire », avec un lancement au 1er janvier 2016, à condition que l'arrêté d'application soit publié d'ici là, et une échéance au 31 décembre 2018.
Toujours le « 3e pilier » de lassurance-vie ?
Pour rappel, les premiers fonds euro-croissance ont été lancés courant 2014, même si une majorité dassureurs nont commencé à commercialiser ces supports quen 2015. Ce support, présenté comme un compromis entre le fonds en euros, à capital garanti, et les supports en unités de compte, devait devenir le « 3e pilier de lassurance-vie », pour reprendre les propos tenus en octobre 2013 par Pierre Moscovici, le ministre de lEconomie de lépoque. Les supports euro-croissance permettent de disposer dune garantie en capital (totale ou partielle) mais uniquement après une échéance, fixée à 8 ans de détention ou plus. Le risque pris durant ce laps de temps doit en théorie permettre despérer un rendement supérieur à celui du fonds en euros.
(1) Consultation accessible sur le site du Trésor.


















