100 millions deuros par mois. Tel serait le niveau de collecte de lassurance-vie euro-croissance selon François Villeroy de Galhau, ancien directeur général délégué de BNP Paribas et pressenti pour prendre la tête de la Banque de France. Un rythme bien faible pour respecter lobjectif de 130 milliards deuros investis, à terme, en actions par le biais de leuro-croissance. Le « stock » de leuro-croissance ne serait que de 1,5 milliard deuros, grâce aux contrats existants qui ont été transformés, selon les statistiques livrées par Bercy au printemps dernier. Contre près de 1.600 milliards deuros sur lensemble des assurances-vie en France.
Pas encore proposée par tous les assureurs
Les premiers fonds et contrats de ce type ont été lancés fin 2014. Mais tous les assureurs ne proposent pas encore deuro-croissance, certains attendant la fin 2015, voire au-delà. Les fonds euro-croissance, accessibles dans la plupart des cas via un contrat dassurance-vie multisupports, permettent en théorie despérer un rendement supérieur aux fonds euros, en contrepartie dune garantie en capital valable uniquement après 8 ans de détention, ou plus. Problème, comme le souligne lex-dirigeant de BNP Paribas dans son rapport, la « forte baisse » des taux « pénalise significativement » ce produit dépargne. Les fonds ou contrats euro-croissance étant lancés dans une période de taux bas, leurs performances rivalisent aujourdhui difficilement avec les fonds en euros, qui eux profitent des placements réalisés par le passé, en période de taux plus avantageux.
Lincitation fiscale non privilégiée
Pour relancer ce produit présenté en 2013 comme le futur « troisième pilier de lassurance-vie », François Villeroy de Galhau a présenté trois possibilités au Premier ministre :
- Une incitation fiscale. En l'occurrence, rendre le cadre fiscal de leuro-croissance plus favorable que celui des fonds en euros.
- « Accélérer la baisse » de rendement des fonds en euros.
- Une « mutualisation des réserves latentes » des fonds euros et des supports euro-croissance. Aujourdhui, les plus-values latentes, celles qui se concrétiseraient si les actifs étaient vendus, sont perdues lorsquun épargnant retire son argent. Cette « mutualisation » permettrait à lassuré transférant ses actifs du fonds euros vers un fonds euro-croissance « demporter » la performance latente du fonds en euros qui lui revient.
François Villeroy de Galhau livre ses préférences dans ce rapport en incitant à la « stabilité fiscale à court terme », déconseillant ainsi au gouvernement dopter pour la première possibilité. La deuxième le séduit plus, soulignant que le gouverneur de la Banque de France a déjà « légitimement incité les assureurs » à baisser la rémunération des fonds euros. Mais ce serait la troisième, la plus complexe, qui serait poussée par « la profession ».
Un appel à des « décisions rapides »
François Villeroy de Galhau demande ainsi « dinstruire techniquement » cette mutualisation des réserves latentes afin que le gouvernement puisse prendre « des décisions rapides ». Objectif : éviter un « sentiment déchec » pour leuro-croissance. Si les assureurs obtiennent gain de cause, lauteur du rapport les enjoint à « sengager sur une forte mobilisation commerciale » et sur un « objectif indicatif » à lhorizon fin 2016.
Le Premier ministre, qui avait commandé ce rapport, avait pour sa part déjà évoqué sa volonté de « renforcer » leuro-croissance, à loccasion du plan gouvernemental pour linvestissement en avril dernier.



















