Un crédit dont le coût réel ne dépasse pas 1% ? Cest, en raccourci, ce que permet dobtenir une avance sur un contrat dassurance-vie. Une possibilité offerte aux détenteurs de contrats dassurance-vie mais qui reste clairement méconnue : « A lheure actuelle, 0,8% des contrats assurés par Generali font lobjet dune avance », annonce Sonia Fendler, membre du comité exécutif de Generali France, en charge de la clientèle patrimoniale. « Et les avances représentent 0,7% de notre encours total. »
Pourtant, pour un besoin dargent ponctuel, lavance peut savérer une solution avantageuse. Moins coûteuse quun prêt personnel : selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux prêts amortissables à la consommation est de 5,19% en octobre. Et moins coûteuse fiscalement quun rachat partiel sur son contrat dassurance-vie : le rachat est soumis à la fiscalité applicable à lassurance-vie, lavance non.
Le rendement du fonds en euros + 1%
Comment fonctionne-t-elle ? Il sagit dun prêt consenti par lassureur à son client. La compagnie garantit son avance sur le contrat dassurance-vie de ce même client. Quel montant maximum ? La règle déontologique établie par les deux grandes fédérations dassureurs (1) demande que lavance ne dépasse pas 80% du montant de la provision dun contrat en euros, 60% pour un contrat en unités de compte. Pour quelle durée demprunt ? Cette même charte professionnelle limite le prêt à « trois années renouvelables deux fois ». Cest toutefois lassureur qui décide de la durée et du montant maximum.
Quid du coût de ce prêt ? Selon cette même charte, le taux dintérêt doit être supérieur au taux moyen des emprunts dEtat ainsi quà la rémunération du fonds en euros (2), et il doit comprendre une « rémunération normale de lassureur ». Cependant, si lassuré paie des intérêts sur le montant emprunté, son contrat dassurance-vie continue dêtre rémunéré au même niveau quauparavant, car lépargne nest pas retirée du contrat dassurance-vie. Ainsi, dans les faits, le « coût réel de lavance est généralement 0,6 à 1 point au-dessus de la rémunération du fonds en euros principal du contrat », juge Edouard Michot, président de JDHM Vie, société de courtage en assurance et éditrice dAssurancevie.com. Bref : demander une avance revient à obtenir un crédit à moins de 1% sur une période relativement courte.
« Un banquier a plutôt intérêt à vendre du crédit »
Que risque lassuré sil ne parvient pas à rembourser ? Lavance se transforme en rachat, soumis alors aux cotisations fiscales. Cette solution présente par ailleurs lavantage de la souplesse : « Les fonds sont disponibles dans les 72 heures. Alors que pour les rachats, même si nous avons un système de rachat en ligne en 72 heures, cela peut être plus long en format papier », reconnaît Sonia Fendler, de Generali. « Cela évite aussi davoir à répondre à un questionnaire médical, comme cest souvent le cas pour un crédit bancaire », ajoute Edouard Michot, de JDHM Vie. Et lemprunt peut être remboursé en une ou plusieurs fois, au choix de lassuré.
Alors pourquoi cette solution nest-elle pas plus utilisée par les détenteurs de contrats dassurance-vie ? Faute de publicité. Sonia Fendler reconnaît ainsi que « ce nest pas quelque chose que lon encourage particulièrement, même si cest rémunérateur » pour lassureur : « Lavance nest pas citée dans les conditions générales, ou alors dans une toute petite phrase. Elle est mentionnée dans un avenant au contrat. Il faut donc être au courant que cela existe En règle générale, cest le conseiller qui la propose à son client. »
Même son de cloche chez Edouard Michot, dAssurancevie.com, qui affirme que « lavance est bien plus utilisée par notre clientèle premium que par notre clientèle internet ». Là encore, la différence se fait par la présence dun conseiller. Chez Generali, 2,2% des contrats commercialisés par des conseillers en gestion de patrimoine indépendants font lobjet dune avance, une faible proportion mais bien supérieure au 0,8% constaté pour lensemble des contrats Generali en France. Et lavance a peu de chance dêtre évoquée avec un conseiller bancaire : « Un banquier va plus avoir intérêt à vendre du crédit », souligne Sonia Fendler, chargée de la clientèle patrimoniale chez Generali France.
Des décalages de trésorerie ponctuels
Les particuliers qui utilisent lavance le font avant tout pour « combler un décalage de trésorerie, sur du court terme », note Sonia Fendler. Notamment pour « payer limpôt sur le revenu ou lISF » selon Edouard Michot, en attendant « la prime de fin dannée ou les dividendes davril ». Ce dernier conseille aussi à lavance aux particuliers ayant besoin deffectuer un rachat sur leur assurance-vie peu avant un cap fiscal (3). Objectif : transformer lavance en rachat une fois ce cap dépassé. Une utilisation qui savère toutefois « marginale » selon Sonia Fendler, de Generali.
Lavance, si peu utilisée par les assurés, apparaît pourtant assez aisément accessible à un détenteur dassurance-vie. Sonia Fendler assure ainsi nen avoir jamais refusée à ses clients.
Une avance sur les unités de compte ? Cest possible selon les règles de déontologie des assureurs, qui la limitent à 60% de lencours du contrat. Elle est ainsi acceptée chez Generali. Cependant, Edouard Michot, de JDHM Vie, la déconseille à ses clients : « Si les unités de compte perdent de leur valeur, lassuré peut se retrouver en difficulté. » Il conseille donc de demander des avances uniquement sur le fonds euros.
(1) FFSA (Fédération française des sociétés dassurance) et Gema (Groupement des entreprises mutuelles dassurance).
(2) Majorée des frais de gestion. Il sagit de la rémunération « de lannée précédant la demande davance ».
(3) Les quatre ou les huit années de détention, ou les 70 ans du détenteur. Lire à ce propos la fiscalité de lassurance-vie.


















