En 2012 et 2013, le CAC40 a respectivement gagné 15% et 18% de sa valeur. Deux années fastes comparées aux deux précédentes : -3% en 2010 et quasiment -17% en 2011. Potentiellement très rentable mais aussi très risqué, linvestissement boursier divise logiquement la population française.
En vue du salon Actionaria, OpinionWay a interrogé dune part un échantillon représentatif des Français, dautre part des « investisseurs actifs » (1). Ces boursicoteurs sont très majoritairement des hommes (91%), plutôt âgés (50% de plus de 65 ans), Parisiens à 72% et plutôt aisés (61% de revenus nets du foyer supérieurs à 42.000 euros).
Interrogés sur le placement quils jugent le plus rentable, 34% des Français sondés répondent limmobilier, 25% lassurance-vie, 9% linvestissement boursier et 4% le Livret A. Les investisseurs actifs plébiscitent quant à eux les actions (52%), devant limmobilier (22%), lassurance-vie (18%) et le Livret A (1%). Les résultats sont sensiblement les mêmes lorsque ces deux catégories de personnes sont interrogées sur lattractivité des placements. Seul changement notable : dans les deux cas, le rapport de force entre assurance-vie et immobilier sinverse, ce dernier payant probablement son manque de souplesse.
Le PEA-PME na pas convaincu
Plus précisément, létude na pas sondé lappétence des Français pour la bourse mais pour « linvestissement en entreprise », de façon plus générale. Parmi le grand public, environ un tiers des sondés seraient prêts à placer leur argent dans leur entreprise actuelle ou dans une entreprise quils pourraient créer. Ils sont moins nombreux à être tentés par les sociétés cotées en bourse, quil sagisse de PME (26%) ou dentreprises du CAC40 (27%).
Les investisseurs actifs sont eux 89% à être intéressés par les sociétés du CAC40, 25% par les PME cotées en bourse. Ceci explique peut-être le peu dattrait de ce public pour le Plan dépargne en actions (PEA) dédié aux PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire). Seuls 19% dentre eux ont souscrit à un PEA-PME en 2014 alors que ces boursicoteurs, probables détenteurs dun PEA classique, sont le public ciblé par ce produit dépargne opérationnel depuis mars dernier. Dans lensemble de la population, le taux de souscription au PEA-PME chute à 4%.
Peur du risque
Pourquoi la bourse rebute-t-elle les particuliers ? La « peur de perdre [son] argent » est citée par 56% des sondés (2), devant le manque de liquidités (32%) ou le manque de connaissances du domaine (32%). Lorsquon les interroge sur déventuels freins à linvestissement, les boursicoteurs citent eux à 47% le manque de « transparence sur lutilisation qui est faite de [leur] argent ».
(1) Enquête réalisée par OpinionWay pour Infopro et Actionaria 2014 du 30 septembre au 3 octobre, dune part auprès dun échantillon représentatif de la population française (1.030 individus majeurs), dautre part auprès dinvestisseurs décideurs actifs (300 personnes sélectionnées parmi les inscrits à Actionaria 2014), cest-à-dire des individus ayant réalisé au moins une opération sur un produit coté lors des douze derniers mois.
(2) Les personnes interrogées pouvaient livrer 3 réponses.

















