Certains contrats dassurance-vie proposent plusieurs centaines de fonds. Dautres une sélection restreinte dune quinzaine dunités de compte. Que faut-il privilégier ?
« Les sélections ne sont pas uniquement réalisées sur des critères qualitatifs mais aussi en fonction daccords ou de partenariats entre assureurs et sociétés de gestion. Le mieux est de souscrire à un contrat disposant de 200 supports minimum, ce qui constitue la norme pour les contrats sérieux sur internet. Ensuite, si lon veut miser sur les unités de compte, il faut en premier lieu voir si les frais darbitrages sont importants, ou gratuits. »
Si lassuré gère lui-même son portefeuille dunités de compte, sur combien de supports lui conseilleriez-vous dinvestir ?
« La grande bêtise faite par beaucoup dépargnants voire même de professionnels est de dire : ''Jai une partie de mon contrat en unités de compte et celle-ci est investie à 100% en actions européennes, tout le reste de lépargne étant placée sur le support en euros''. Dans ce cas de figure, avec un profil risqué, largent va bien souvent être placé à 50% sur les fonds investis en actions et à 50% sur le fonds euros. Avec un profil prudent, ce sera 80% sur le fonds euros, 20% sur les UC actions. Cest exactement ce quil faut proscrire ! »
Pourquoi ?
« De cette manière vous concentrez tout le risque sur un seul type dUC. Avec le risque spécifique qui en découle : si les actions Europe se mettent à dévisser, vous encaissez une perte en capital. Or il est possible de ne placer que 30% sur le support en euros tout en disposant in fine dun contrat moins risqué ! Car avec les unités de compte, vous pouvez intégrer plusieurs types dactifs au portefeuille : des obligations, des fonds flexibles, des actions européennes, internationales, émergentes, etc. Si vous avez un contrat conséquent, de 100.000 euros, vous pouvez miser sur six à huit classes dactifs différentes. Elles vont réagir différemment selon les aléas du marché mais les hausses des unes vont compenser les baisses des autres. La logique est différente en cas de contrat dassurance-vie avec un montant moindre, de 10.000 voire de 1.000 euros. Dans ce cas, le mieux est de miser sur un fonds flexible puisque le gestionnaire de ce fonds va lui-même réaliser lallocation dactifs. En choisissant bien ce fonds flexible, cela revient quasiment au même quen optant pour une gestion sous mandat, sans payer les frais liés à cette option. »
Si lassuré mise sur six à huit classes dactifs comme vous le conseillez, doit-il posséder une ou plusieurs UC par classe ?
« Cela dépend de la taille du portefeuille. Mais un fonds par classe dactifs, cest déjà bien ! De cette manière, vous pouvez intégrer des UC contrebalançant les mouvements des autres : les matières premières ont par exemple tendance à remonter quand les marchés baissent. Les fonds immobiliers — SCPI, OPCI, etc. — peuvent avoir le même effet. Attention toutefois, il ne faut pas trop miser sur ce type de fonds : 5% du portefeuille dUC par fonds de diversification peut suffire. »
Concrètement, quelle répartition préconisez-vous actuellement ?
« Les allocations dactifs qui nous proposons à nos utilisateurs comprennent huit classes dactifs, couvrant un éventail traditionnel : un support en euros, des obligations Europe, des obligations internationales, des actions France, des actions Europe, des actions USA, des actions Asie et des actions émergentes. Lutilisateur peut ensuite rajouter un fonds flexibles, un fonds lié à un secteur en particulier, des fonds de diversification, etc. »
Parmi la multitude de supports disponibles dans un contrat dassurance-vie, comment choisir entre divers fonds appartenant à la même famille ?
« Par exemple en allant sur des sites comme le nôtre (Quantalys.com, NDLR) ou celui de notre concurrent Morningstar, pour comparer le comportement des différents fonds. »
Et en se basant uniquement sur les fiches disponibles via le distributeur dassurance-vie ? Faut-il se fier à la note ?
« La note est en effet le premier critère de sélection du point de vue du grand public. En cas de fonds similaires, avec une note équivalente, les particuliers peuvent se baser sur le ratio de Sharpe qui correspond, en simplifiant, à la division du rendement par la volatilité. Cela permet de déterminer le fonds qui offre le meilleur rendement pour le risque pris. Un autre indicateur, de plus en plus mis en avant sur ces fiches, est lindicateur de la perte maximale sur la période. Cela permet de voir quels sont les fonds qui ont été les plus résistants dans les périodes de baisse. Mais ces informations restent indicatives car elles décrivent le passé et ne préjugent pas des performances futures. »
Retrouvez la suite de linterview de Jean-Paul Raymond dans l'article : Assurance-vie en unités de compte : comment réagir aux soubresauts du marché ?














