L'essentiel
- L'Indicateur synthétique de risque (SRI) évalue le risque des produits financiers sur une échelle de 1 à 7, basée sur leur volatilité et la durée de placement recommandée.
- L'application du SRI aux produits financiers non cotés, comme le private equity ou les SCPI, présente des difficultés.
- Le SRI a ses limites, notamment la non prise en compte du risque de liquidité, des événements financiers majeurs et le biais lorsque l'on s'éloigne de l'horizon de placement recommandé.
Vous détenez une assurance vie et avez notamment investi en unités de compte (UC), un PEA , un PER ou encore un compte-titres ? Vous avez alors pu lire le fameux document d'informations clés (DIC) sur lequel figure notamment l'échelle de risque SRI. L'échelle SRI (Indicateur synthétique de risque) s'étend de 1 à 7 et permet d'estimer la perte potentielle maximale sur un horizon temporel défini.
Les produits financiers présentant le moins de risque de perte en capital obtiennent une note basse tandis que les niveaux 6 ou 7 sont réservés aux produits les plus risqués et complexes. Le SRI, qui résulte d'une réglementation européenne, est fixé par la société de gestion du produit financier et peut être contrôlé par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Mais comment cette échelle de risque fonctionne et est-elle réellement fiable ?
Une note basée sur la volatilité
La note SRI se base notamment, sur la volatilité du produit financier représentant l'ampleur des variations du cours (de sa valeur), à la hausse comme à la baisse. Si la volatilité est élevée, l'épargnant pourra bénéficier de gains potentiels plus importants. Mais qui dit gains potentiels importants, dit aussi risque de perte en capital élevée. Concrètement, plus la valeur fluctue, à la hausse ou à la baisse, plus sa volatilité est importante et donc par extension, plus ce produit s'avère risqué pour l'investisseur.
La note SRI est calculée sur la durée de placement recommandée pour le produit financier. Exemples :
- La SCPI Iroko Zen a la note de 3 sur l'échelle du SRI, avec un horizon de placement de huit ans ;
- le fonds Ofi Invest ESG Monétaire est noté 1, sur une durée de détention d'un an ;
- l'ETF AMUNDI RUSSELL 2000 UCITS ETF est noté 5 sur une durée de cinq ans.
Une durée de placement réelle qui bouge le curseur
Toutefois, plus on s'éloigne de cet horizon de placement recommandé, plus la note est biaisée. « Dans un Plan épargne retraite collectif (PERCO), les fonds monétaires représentent 20% des actifs présents dans le contrat. Or, leur durée de détention est dans ce cas bien plus élevée que celle utilisée pour calculer la note SRI. On parle d'actifs qu'on peut garder facilement 20 ans », explique Guillaume Prache, délégué général de l'association européenne de défense des épargnants Better Finance.
« Sur 30 ans, la valeur réelle nette de l'inflation va être plus faible »
Mais concrètement, quel impact cela a pour l'épargnant ? « Le SRI pour les fonds monétaires notamment, prend très mal en compte l'horizon de placement réel et l'impact négatif de l'inflation qui est exponentiel avec le temps et qui va plus impacter les produits de taux. Sur 30 ans, leur valeur réelle nette de l'inflation va être nettement plus faible. Le risque de perte en capital sera donc plus élevé que ce que la note 1 laisse penser », ajoute Guillaume Prache.
En revanche, on vous l'a sûrement dit, investir progressivement sur le marché actions permet de lisser le risque de perte en capital. Les fonds actions ont, le plus souvent, une note SRI de 4 ou 5. Calculée sur 5 ans, cette note sera moins élevée si l'épargnant choisit de garder ses parts plus longtemps. En effet, pour les actions, aller au-delà de la durée de placement recommandée va aussi bouger le curseur SRI, mais à l'avantage de l'épargnant. « Cinq ans c'est court pour les actions. Sur 10 ans ou plus, la volatilité se réduit et donc le risque de perte en capital aussi », précise encore Guillaume Prache.
Le SRI pour le non coté
Tous les produits financiers doivent aujourd'hui afficher une note SRI dans le DIC. Pourtant, ces critères, basés sur la volatilité d'un marché, s'appliquent difficilement au non coté comme le private equity ou encore les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), selon Guillaume Prache : « Le SRI n'est pas adapté au non coté, qu'il soit immobilier ou autre car certaines valeurs utilisées sont entièrement contrôlées par le gérant », estime le délégué général de Better Finance.
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Pour une SCPI, le SRI est calculé en fonction de la stabilité des revenus, la régularité des taux de distribution, la qualité du portefeuille immobilier, la durée de placement recommandée, et le comportement face à différents scénarios de marché. La variation de la valeur des parts, la liquidité du marché secondaire et la diversification des actifs peuvent également être intégrées dans l'évaluation SRI.
« Le calcul est bien réalisé sur la durée de placement recommandée mais en prenant en compte une stratégie d'investissement à l'instant T »
« Pour une SCPI 100% française, l'indice de marché immobilier qui va être utilisé dans ce calcul-là, c'est l'indice IEIF (1), qui prend notamment en compte des données de performance et de liquidité du marché immobilier français sur l'année passée. Cet indice évolue comme un indice classique au fil du temps et en fonction de son marché », explique Guillaume Debats, directeur Fund and Finances chez Iroko.
Pour les SCPI internationales, il est possible de déroger partiellement à cette règle : « Pour une SCPI qui investit notamment en Europe, comme c'est le cas d'Iroko Zen et Iroko Atlas, il est possible d'utiliser des indices plus précis propres au marché du pays concerné », complète Guillaume Debats.
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En se basant sur cet indice, la note SRI est calculée sur la durée de placement recommandée, soit souvent huit ans. « Le calcul est bien réalisé sur la durée de placement recommandée mais en prenant en compte la composition du patrimoine et la stratégie d'investissement à l'instant T », rappelle encore Guillaume Debats.
Autrement dit, si la stratégie d'investissement change ou qu'un événement vient ébranler le marché de l'immobilier et que le SRI n'est pas mis à jour au même moment, il peut exister un décalage entre l'information du DIC et le risque réel. « La bonne pratique c'est de le faire une fois par an même s'il est possible de mettre à jour le DIC à tout moment en cas de changement significatif de marché ou de stratégie du fonds », ajoute Guillaume Debats.
Autre problème de cette notation SRI : la non prise en compte du risque de liquidité. « Certains actifs peuvent être compliqués à revendre en cas de besoin et ça, le SRI ne le reflète pas toujours. Autre point à garder en tête : le SRI ne prévoit pas les crises financières. En cas de choc économique majeur, un produit noté 2 ou 3 peut tout à coup se retrouver bien plus risqué que prévu », met en garde la fintech Cashbee sur son site internet.
À titre d'exemple, depuis le 25 février, aucune nouvelle part n'est plus créée pour les SCPI Perial O2 et Perial Grand Paris. Leur variabilité du capital a aussi été temporairement suspendue. Concrètement, cela signifie que toutes les demandes de vente de parts enregistrées mais pas encore honorées sont purement et simplement annulées.
Depuis le jeudi 2 avril, les investisseurs détenant des parts au sein de ces SCPI et souhaitant s'en séparer, doivent passer, par « un marché secondaire régulé », organisé par PERIAL AM, qui prendra « le relais pour chercher à organiser les échanges de parts de chacune de ces SCPI, selon la loi de l'offre et de la demande », comme pour toute SCPI à capital fixe. Avec le risque de voir la valeur de leur mise de départ nettement réduite.
(1) L'institut de l'Epargne Immobilière et Foncière (IEIF) produit des indices de suivi exhaustif des Sociétés d'Investissements Immobiliers cotées (SIIC) qui montrent l'évolution du cours de ces sociétés cotées en bourse française (Euronext IEIF SIIC France, IEIF Activités Immobilières, IEIF Foncières ou encore IEIF Immobilier France).
Finalement la note SRI est un bon indicateur mais qui a ses limites (un calcul sur un horizon de placement recommandé, non prise en compte de la liquidité ou d'une éventuelle crise financière). Si le SRI donne une indication réelle du risque, ce ne doit pas être le seul critère à prendre en considération pour le choix de ses produits financiers.
Voici quelques conseils supplémentaires pour bien choisir vos placements :
- Le projet à financer : Que ce soit pour un projet immobilier, les études de vos enfants ou encore générer des revenus pour la retraite, le choix du support (assurance vie, PEA, compte-titres ou PER) ainsi que celui des produits financiers à intégrer est crucial.
- Votre horizon de placement : Qu'il s'agisse d'un projet à court, moyen ou même long terme, connaître votre horizon de placement vous permettra d'identifier les placements à privilégier ou à bannir.
- Le choix d'une gestion pilotée ou libre : Vous n'avez pas les connaissances nécessaires pour bien comprendre les différents produits disponibles ou n'avez pas de temps à consacrer à la gestion de votre contrat ? Il est possible d'opter pour la gestion pilotée.
















