Frais d'inscription, dépôt de garantie pour un logement, achat d'un ordinateur, mobilité, déménagement... La rentrée universitaire représente une facture importante pour de nombreux étudiants et leurs familles.

Selon le 23e indicateur du coût de la rentrée étudiante publié par la FAGE, un étudiant non boursier devait débourser en moyenne 3 224 euros à la rentrée 2025. Dans le détail, l'organisation chiffre à 1 986 euros les frais spécifiques de rentrée (frais de scolarité par exemple) et à 1 238 euros les dépenses mensuelles liées à la vie courante.

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À ces montants peuvent s'ajouter les frais de scolarité de certaines formations privées. Dans les écoles de commerce, d'ingénieurs ou certains établissements spécialisés, la facture peut atteindre plusieurs milliers d'euros par an, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros sur l'ensemble d'un cursus.

Face à ces dépenses, certains étudiants ont recours au prêt étudiant. Contrairement à une idée reçue, ce crédit ne sert pas uniquement à payer les frais de scolarité. Il s'agit d'un crédit à la consommation non affecté : les fonds peuvent donc financer un logement, un ordinateur, un véhicule, un séjour à l'étranger ou plus largement les dépenses liées à la vie étudiante.

Autre particularité : la plupart des établissements proposent un différé de remboursement. L'étudiant peut ainsi commencer à rembourser le capital une fois ses études terminées, lorsqu'il entre dans la vie active. Pendant la période de différé, il peut toutefois devoir régler les intérêts et, le cas échéant, l'assurance facultative.

Jusqu'à 50 000 euros à taux zéro

Alors que les prêts personnels dépassent souvent les 5% et que les crédits immobiliers se négocient généralement autour de 3,5%, les banques continuent de réserver des conditions attractives aux étudiants.

Le groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui regroupe notamment le CIC et le Crédit Mutuel, maintient son prêt étudiant solidaire à taux zéro. L'offre permet d'emprunter jusqu'à 50 000 euros sans intérêts, sous conditions, notamment de ressources. Certaines Caisses d'Épargne proposent également des prêts étudiants à 0%, généralement plafonnés à 10 000 euros. Attention toutefois : les conditions peuvent varier selon les caisses régionales, notamment au-delà de ce premier montant.

Prêt étudiant : les principales offres des banques en 2026
BanqueTaux affichéMontant maximal
CIC / Crédit Mutuel0%50 000 €
Caisse d'Épargne0%10 000 €
LCL0,99%5 000 €
Crédit Agricole1,99%20 000 € sans caution
75 000 € avec garant
Crédit Coopératif1,50% à 1,90%60 000 €
BNP ParibasÀ partir de 1,99%200 000 €
SG3,40%Selon l'offre

Taux communiqués par les établissements en juin 2026. Les conditions d'accès, les profils éligibles, les durées de remboursement et les montants peuvent varier selon les offres. Certaines offres à taux réduits sont réservées à des écoles partenaires ou soumises à des conditions de ressources.

LCL affiche de son côté une offre à 0,99% TAEG fixe, valable jusqu'au 31 octobre 2026, pour un montant compris entre 1 500 et 5 000 euros. Pour un financement plus important, la banque renvoie vers son prêt complémentaire Solution Études, dont les conditions dépendent notamment du cursus et du besoin de financement.

Le Crédit Agricole met également en avant une offre offensive avec son « Prêt Étudiant Sans Tes Parents » lancé en 2025. Ce prêt permet d'emprunter jusqu'à 20 000 euros sans caution parentale, à 1,99%, sous conditions. L'établissement propose aussi une offre avec garant pouvant aller jusqu'à 75 000 euros.

BNP Paribas se distingue par les montants proposés. La banque permet d'emprunter jusqu'à 200 000 euros, sur une durée pouvant atteindre 12 ans, avec un déblocage progressif des fonds selon les besoins. Côté taux, BNP Paribas annonce une offre à partir de 1,99% hors assurance pour les étudiants inscrits dans l'une de ses 350 écoles partenaires, dans une école membre de la Conférence des grandes écoles, les internes en médecine ou encore les élèves-avocats. Pour les autres cursus, le taux est de 3,50% hors assurance. Les enfants de clients BNP Paribas peuvent, eux, bénéficier d'un taux de 2,29% hors assurance.

SG affiche pour sa part un Prêt Étudiant Évolutif avec un TAEG fixe de 3,40% dans l'exemple représentatif publié sur son site. Une offre moins agressive sur le taux, qui s'inscrit toutefois dans la même logique de financement des études et des dépenses liées à la vie étudiante.

Le Crédit Coopératif figure aussi parmi les établissements actifs sur ce marché. Sur son site, la banque communique sur un prêt étudiant à 1,92% TAEG fixe jusqu'au 30 septembre 2026. Interrogée par MoneyVox, Virginie Dulchain, directrice du développement du Crédit Coopératif, précise que l'établissement propose un taux de 1,90% (taux nominal) pour les étudiants et de 1,50% pour ceux issus d'écoles partenaires.

Ces conditions favorables ne relèvent pas seulement d'un geste commercial ponctuel. Pour les banques, les étudiants représentent une clientèle stratégique. « Les jeunes sont une cible importante pour nous », explique Virginie Dulchain. Le Crédit Coopératif multiplie ainsi les partenariats avec les écoles et les universités, qu'il s'agisse de grandes écoles parisiennes ou d'établissements régionaux. « On en crée tout le temps », souligne-t-elle.

Cette stratégie ne passe pas uniquement par le crédit. Le Crédit Coopératif propose aussi la gratuité de ses services bancaires pendant un an pour les 18-25 ans, ainsi qu'une option internationale sans frais, particulièrement utile pour les étudiants amenés à partir à l'étranger. L'établissement a également renforcé sa communication notamment sur TikTok et Instagram pour toucher directement cette clientèle.

« Nous mettons en place une politique volontairement dynamique », assume Virginie Dulchain. Derrière ces prêts à taux réduit, l'objectif est clair : attirer aujourd'hui de jeunes clients qui auront demain besoin d'un compte principal, d'une assurance, d'une épargne ou d'un crédit immobilier.

Caution parentale, garantie de l'État : qui peut obtenir un prêt étudiant ?

Si les taux constituent souvent le principal argument mis en avant, la question de la caution reste déterminante. Dans la majorité des cas, les banques demandent à un parent ou à un proche de se porter garant. En cas d'impayés, cette personne s'engage à rembourser les sommes dues à la place de l'étudiant.

Certaines enseignes cherchent toutefois à assouplir cette condition. Le Crédit Agricole propose ainsi une offre pouvant atteindre 20 000 euros sans caution parentale. BNP Paribas prévoit aussi un prêt sans caution jusqu'à 20 000 euros pour certains étudiants boursiers de l'État français inscrits dans une école membre de la Conférence des grandes écoles.

Le Crédit Coopératif dispose également d'une offre sans garant. « Nous ne passons plus par Bpifrance, nous le faisons nous-mêmes », explique Virginie Dulchain. Autrement dit, la banque accepte de porter directement le risque lorsque l'étudiant ne dispose pas de caution. Dans ce cas, le taux est cependant plus élevé que pour les autres offres de l'enseigne. Pour autant, les demandes restent limitées. « Il y a peu d'étudiants qui nous demandent des prêts sans caution », observe la dirigeante.

Les étudiants qui ne disposent pas de garant peuvent aussi se tourner vers le prêt étudiant garanti par l'État. Ce dispositif, distribué par certaines banques partenaires avec le soutien de Bpifrance, permet d'obtenir un crédit sans caution parentale ni garant personnel. Le montant maximal est de 20 000 euros. Il ne s'agit pas d'un prêt à taux zéro : le taux est fixé librement par la banque.

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Avant de signer, le taux ne doit donc pas être le seul critère de comparaison. Le montant maximal, la durée du différé, les modalités de déblocage des fonds, la possibilité de rembourser par anticipation, l'exigence ou non d'une caution et le coût de l'assurance facultative peuvent changer fortement le coût réel du crédit.