« Etude économique de la France ». Sous ce titre, lOrganisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier une revue de détails des atouts et des faiblesses de léconomie française, dans un contexte de ralentissement de la croissance. Un travail fouillé, qui donne lieu à une longue série de recommandations, à mettre en uvre pour améliorer la situation économique du pays.
Parmi ces recommandations, lOCDE encourage lEtat français à accomplir une sorte de big bang fiscal en 2 temps : systématiser dabord le « service après-vente » des dépenses fiscales, pour vérifier leur efficacité et éventuellement les supprimer ; simplifier ensuite le « système fiscal en limitant en priorité les exonérations et taux réduits qui ne bénéficient pas aux plus modestes et diminuer les taux dimposition ».
Pour un système fiscal plus neutre
Dans le viseur de lOCDE notamment, les exonérations fiscales qui bénéficient surtout aux Français les plus fortunés. « Limiter ces exonérations favoriserait lactivité économique et une structure fiscale plus redistributive, tout en permettant de réduire les taux dimposition », estime lorganisation.
Parmi les dépenses fiscales jugées inefficaces figurent notamment les dispositifs consacrés à lépargne : épargne réglementée (Livret A, LDD, LEP, etc.), épargne logement (PEL, CEL), assurance vie, etc. 126 dispositifs au total en 2016, selon le décompte de lorganisation, qui représentent 1% environ du produit intérieur brut (PIB), et profitent surtout aux Français disposant de capital. « Une diminution de ces dépenses fiscales contribuerait à assurer la neutralité du système fiscal et à promouvoir une imposition plus équitable, dans la mesure où les revenus du capital sont moins également répartis que les revenus du travail ».
Lassurance vie dans le viseur
Presquaussi lourds pour le budget de lEtat (0,7% du PIB en 2019), les avantages fiscaux dans le secteur du logement (TVA réduite dans la construction, Denormandie, etc.) sont également remis en cause pour leur iniquité : « La suppression [de ces] avantages fiscaux pourrait entraîner une meilleure affectation du capital en le redéployant vers dautres secteurs qui ne bénéficient pas aujourdhui de telles aides ( ). En effet, les dépenses fiscales en faveur du logement sont importantes et ne bénéficient pas en premier lieu aux ménages à bas revenus ».
Enfin, lOCDE recommande une diminution des « exonérations fiscales à destination des ménages les plus aisés en matière de successions et donations », toujours au nom de léquité et du maintien dun ascenseur social. « La progressivité de la fiscalité sur les successions et donations est limitée, car les allégements bénéficient principalement aux ménages les plus aisés ( ), ce qui peut alimenter un sentiment dinjustice fiscale pour une partie de la population », note lorganisation, qui propose notamment de « supprimer le traitement fiscal différencié ( ) aux fins de limpôt sur les successions pour les contrats dassurance-vie les plus importants ».


















